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CINQUIEME PARTIE.
CHAPITRE XVI.
pour longtemps, comme lorsqu’il s’agit d’ériger des immeubles, des manu-factures, trouventplusdifticilemenl des prêteurs, et conséquemment ceux-ci peuvent exiger un plus fort intérêt. Rien n’est plus juste. Il y a néces-sairement plus de dangers à courir quand l’avance doit être longue; car,dans un long espace de temps, il se présente plus de risques que dans unterme plus court. Le prêteur ne pouvant dégager ses fonds au momentqu’il veut, perd les occasions qui s’offriraient à lui d’en tirer bon parti.Enfin il est obligé de partager jusqu’au bout les vicissitudes d’une entre-prise et les mésaventures qui peuvent lui arriver.
La facilité de rentrer à volonté dans leurs avances est si précieuse pourles prêteurs, qu’ils prêtent aux gouvernements à un taux beaucoup plusmodéré qu’il ne convient peut-être à un prêt destiné à être dissipé impro-ductivement, simplement à cause de la facilité qu’ont les prêteurs de vendreleurs créances au moment qu’ils veulent. Le gouvernement étant un em-prunteur connu de tout le monde, il n’est aucun capitaliste qui ne puissedevenir son prêteur, de sorte que ses engagements, sous le nom d'effetspublics, ont perpétuellement un cours ouvert sur le marché qu’on appellela Bourse; et quoiqu’ils ne soient pas en général remboursables, il n’y apas de créance qu’on puisse faire rentrer aussi prochainement si elle vousdonne quelque appréhension, ou si vous voulez faire un autre placement.
La seconde circonstance qui fait que la prime d’assurance s’élève quel-quefois très haut, est dans les vices de l’organisation sociale. Il y a peu desûreté pour les sommes prêtées là où la législation, les magistrats et lesmœurs ne protègent pas le prêteur. Qui peut prêter avec sûreté sous ungouvernement qui est maître absolu de la vie et des biens de l’emprun-teur? L’intérêt est toujours élevé dans les pays où la sûreté personnellepeut n’être pas respectée.
Il suffit quelquefois, sans que la législation soit mauvaise, que la poli-tique du gouvernement soit fausse et qu’il appuie l’ordre public sur dema uvaises bases, pour que les capitalistes croien l leur fortune compromise,s’ils l’exposent dans des entreprises au succès desquelles la tranquillitégénérale est nécessaire. De notre temps nous les avons vus, plusieurs fois,perdre volontairement l’intérêt de leurs capitaux plutôt que d’en com-promettre l’existence par des prêts à longs termes.