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SIXIÈME PARTIE. - CHAPITRE IV.
De ces dgux circonstances, l’une que la nourriture est de tous nos be- !soins celui qui souffre le moins de remise, l’autre que, à mesure que la jpopulation se multiplie, ce sont les denrées alimentaires qui renchérissentle plus, il résulte que c’est la cherté de ces denrées qui borne le plus effec-tivement la population. A mesure que leur prix s’élève il excède les facultésde certaines familles, à commencer par les plus indigentes. Obligées deconsacrer de préférence leurs profils à satisfaire le plus impérieux desbesoins, d’autres besoins qui, sans être aussi pressants, ne laissent pas dese trouver nécessaires à Tentrelien des familles, demeurent en souffrance.Quand les vivres sont chers, outre que les indigents n’en ont pas toujours ila quantité qui leur serait nécessaire pour se maintenir en bonne santé, ils ;s’excèdent quelquefois par le travail ; ils s’entassent dans des logementstrop étroits, ou malpropres, ou humides ; ils souffrent du froid, de la ma-ladie, de la privation de secours; et tous ces maux, ajoutés à celui de lafaim, réduisent perpétuellement leur nombre.
C’est ainsi que la disette des denrées alimentaires entraîne, pour la classe ,indigente, la disette de tous les autres produits nécessaires au maintien dela vie. Elle est obligée de consacrer à l’achat de sa nourriture une portionde ses profits qu’elle aurait, sans la cherté des vivres, consacrée à se vêtirplus chaudement, à se tenir plus proprement; et, bien qu’il soit vrai quece soient généralement tous les moyens d’exister qui contribuent au main-tien de la population, elle est presque toujours bornée, en effet, par laquantité de denrées alimentaires que l’on peut se procurer au-dessousd'un certain prix. La disette de l’aliment le plus commun entraîne, pourle peuple, la privation de tous les autres produits.
Le peuple de Norwége, surtout près des côtes, se nourrit principalementde poisson. Des circonstances inexplicables éloignent quelquefois le pois-son des côtes pendant plusieurs années de suite, après lesquelles il re-vient. On lit dans Fabricius que lorsque le poisson s’éloigne des côtes, c’est
s’étendre; mais de toute manière le nombre des consommateurs n’a pas pus’étendre au-dela de ce que la quantité de blé, quelle qu’elle fût, a pu nourrir.Si les consommateurs ont augmenté en nombre, ce n’est qu’aulant que l’agri-culture a produit davantage, ou que les perfectionnements du commerce ontpermis de l’apporter de plus loin pour les mêmes frais. Le consommateur a pualors payer le blé le même prix qu’auparavant, et faire son profit de l’économieobtenue dans la réduction du blé en farine.