INFLUENCE DE LA PRODUCTION ALIMENTAIRE.
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,um jardin, elle pouvait fournir des subsistances à une population exubé-rante ; mais on n’a pas fait attention que le prix auquel on peut acquérirIles subsistances n’est pas une considération de moindre importance que| l’aliment lui-même. S’il faut sacrifier deux journées de travail, ou la valeur\ de deux journées de travail, pour amener la nourriture d’un homme pen-! dant un jour seulement, il est impossible qu’on ait recours à cet aliment;j car il ne soutiendrait l’existence que pendant la moitié du temps nécessairej pour se le procurer.
| Voilà pourquoi les hommes qui travaillent pour vivre ne peuvent vivrequand les subsistances sont chères; une cherté un peu grande équivaut à; une famine meurtrière. On dit que le transport maritime peut amener lej blé de fort loin avec peu de frais; mais celte assertion vague ne suffit pas:
; il s’agit ici de préciser le montant de ces frais. Le transport maritime n’est[ pas la seule dépense de ce commerce. Il faut amener le blé du lieu de la; récolte au lieu de l’embarquement, et du port d’arrivage à l’endroit de la| consommation. Il y a des chargements et des déchargements, des com-| missions, des assurances à payer ; et le tout porte le blé des contrées lesj plus fécondes à un prix inabordable pour la classe laborieuse.
|< .le sais que certains perfectionnements mécaniques équivalent à une; production alimentaire. On compte par exemple dans la Grande-Bretagne: quinze mille machines à vapeur en activité, de la force moyenne de vingt-cinq chevaux. Or, comme chaque cheval réclame pour sa nourriture leproduit de deux acres de terrain, ces machines équivalent au produit de750,000 acres. Les machines à vapeur substituent, jusqu’à un certain point,à la consommation des produits superficiels de la terre, la consommationd’un produit souterrain, la houille. Toutefois, il ne faut pas accorder tropde confiance à ce calcul d’arithmétique politique. La houille supplée à laforce des chevaux, mais en diminue probablement fort peu le nombre; ellemultiplie plutôt la quantité des produits au moyen desquels on achète desdenrées alimentaires.
Je croirais plutôt que l’usage des moulins à eau et à vent a dû multi-tiplier les populations, car ils ont permis qu’on eût du pain à meilleurmarché; par conséquent un plus grand nombre de personnes ont pu sub-sister après l’invention de ces ingénieuses machines’.
1 Cette observation n’est point contraire à la proposition où l’on représentele blé comme une mesure des valeurs moins variable qu’une autre. Il est bienvrai que le pain étant moins cher, le cercle des consommateurs de blé a dû