SIXIÈME PARTIE. - CHAPITRE IV.
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cet effet est surtout frappant en Irlande, où la pomme de terre réussit sin-gulièrement bien '.
William Petly, en 1672, évaluait la population de l’Irlande à 1,100,000âmes.
En 1754, lorsque la culture de la pomme de terre avait commencé à serépandre, les relevés faits à l’occasion de l’impôt des foyers donnèrentune population de 2,300,000 âmes. C’était plus que le double. En 1791,les mêmes relevés ont donné une population de 4,200,000 habitants.
Un rapport fait au parlement, en 1814, donne à l’Irlande 5,900,000 ha-bitants, et des rapports plus récents, en 1826, la portent à près de 7 mil-lions ’. Il est vrai qu’elle vit très frugalement.
Mais, messieurs, il ne faut pas se dissimuler de certaines vérités, quandmême elles seraient sévères. Être capable de prévoir un malheur, est lapremière condition nécessaire pour le prévenir. Je crois que les progrèsque l’industrie a faits presque partout, de notre temps, ont contribué àl'augmentation du nombre des hommes qui se remarque presque partouten Europe. Je crois que la multiplication des pommes de terre, de soncôté, y a beaucoup contribué. S’ensuit-il que celte progression doive dureréternellement? Gardons-nous de le supposer.
Plus les arts utiles se perfectionnent, et plus de nouveaux perfectionne-ments deviennent difficiles; et lorsque celte marche se ralentit, les progrèsde la population qui peuvent lui être attribués se ralentissent à proportion.
On en peut dire autant de la partie de la population qui peut être attri-buée aux pommes de terre. Quand celle plante aura été introduite danstous les terrains, dans toutes les circonstances où elle peut être cultivéeavec avantage, elle cessera d’être propagée ; et la population cessera de
' Suivant un voyageur moderne (M. Duvergier de Hauranne), 2 1/2 slones depommes de terre par jour (35 livres pesant), qui coûtent en Irlande, prix moyen,25 à 27 sous, nourrissent aisément une famille de dix personnes (en 1826), etun acre fournit sans peine celte quantité. Il en résulte qu’un acre (environ 11/6arpent), nourrit une famille. Le même auteur pense que l’Irlande est arrivée aumaximum de la population qu’elle peut nourrir.
2 Un recensement de 1831 donne une population de 7,767,401 habitants pourl’Irlande. Le recensement de 1841 porte ce chiffre à 8,130,000, et on peut sup-poser que depuis lors l’accroissement a été à peu près neutralisé par l’émigra-tion et par la mortalité extraordinaire survenue pendant les années de famine.
(Noie de l'cdilcur.)