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Tome II.
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INFLUENCE DE LA CIVILISATION,

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Je n’examine pas comment celle population s’est formée ; je sais cju’ellese compose en partie de condamnés à la déportation; mais cela ne fait rienà la présente thèse. Ces hommes, tant ceux qui ont été apportés que ceuxqui y sont nés, connaissent les arts de l’Europe, suivent ses institutions,et sont probablement en cet instant (1829) au nombre de 50,000 sur unterritoire où, avant eux, 50 naturels avaient peut-être grand’peine à trouverleur subsistance ; et quelle subsistance!

Pareille observation peut être faite sur l’Amérique septentrionale. Il estimpossible de savoir ce qu’elle renfermait d’indigènes lorsque les Euro-péens s’y établirent; mais nous voyons qu’aujourd’hui ces derniers ontsuccessivement repoussé les anciens habitants, et qu’ils occupent, parleurs établissements, environ la moitié de l’espace enveloppé par l’Océan,le Mississipi et les grands lacs. On n’a pas de raison de croire que l’espaceconquis fût, avant cette conquête, plus peuplé d’indiens que la partie queles Européens n’occupent point encore. Or, M. Gallatin, ci-devant am-bassadeur des États-Unis à Paris, qui s’est occupé de recherches statis-tiques , et qui a traité plusieurs fois avec les Indiens, ne pense pas quetoutes leurs nations, réunies dans tout l’espace qui leur reste, composentplus de 60,000 individus. Il y en avait donc à peu près autant dans l’es-pace occupé par les citoyens des États-Unis, c’est-à-dire environ 60,000Indiens dans un espace où la population s’élevait, en 1821, à 10 ou 11millions d’âmes, et qui, suivant la progression d’accroissement qu’on ob-serve dans ce pays-là, s’élèvera, vers le milieu de ce siècle, à 30 millionsd’individus.

Il n’y avait pas, dans les tribus indiennes qui occupaient les États-Unis,moins d’envie de peupler et moins de force procréatrice que dans les Anglo-Américains. Que leur manquait-il donc pour n’être encore, au bout de jene sais combien de siècles, qu’au nombre de 60,000? Il leur manquait lacivilisation des habitants actuels et les produits que leur industrie saitfaire naître ; ils étaient réduits à peu près aux productions spontanées dela nature.

Et ce qui est assez digne de remarque, quelques-uns de ces sauvages(les Cherokées) commencent à se civiliser ; ils s’adonnent à la culture et àquelques arts ; et, depuis ce moment, leur nombre augmente graduelle-ment’. Partout nous trouvons la preuve que la population s’étend en pro-

' Warden : tome IV, page 344.