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Tome II.
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SIXIÈME PARTIE. - CHAPITRE Y.

CHAPITRE V.

Influence de la civilisation sur la population.

Vous vous rappelez, messieurs, que je vous ai prouvé, par le raisonne-ment et par les faits ', que la production est toujours proportionnée audegré de civilisation et de lumières des nations. Et comme il nous estprouvé maintenant que la population est en raison de la production, nousdevons trouver que Ieshommessont partoutd’autantplusnombreux qu’ilssont plus éclairés et plus civilisés. C’est en effefce’que l’expérience nousfait observer en tous lieux.

Les hommes les plus bas dans l’échelle de la civilisation semblent êtreles habitants de l’Australie, ou Nouvelle-Hollande. Le voyageur Péron, quifit le voyage de découverte que le gouvernement français ordonna enTannée 1800, les représente comme plus rapprochés de la brute que del’homme. Aussi leurs peuplades sont-elles excessivement clairseméessur ce vaste continent. Jamais nos voyageurs n’aperçurent que quelqueshommes épars çà et là; et souvent ils parcoururent de vastes étendues depays sans en rencontrer un seul *.

Est-ce la faute du pays? nullement; car c’est sur ce même continent queles Anglais ont fondé la colonie delà Nouvelle-Galles du sud, où se trouventBotany-Bay et le port Jackson; et comme ilsy ontapporté leur civilisationet leurs arts, la population de ces établissements va croissant d’une ma-nière surprenante. Sur une terre où quelques misérables indigènes mou-raient de faim en faisant la chasse aux araignées, aux chenilles et auxlézards pour s’en repaître, il y avait déjà, en 181S, 13,000 Anglais à de-meure, bien habillés et bien nourris.

En 1818 on y comptait 22,000 personnes, et en outre40 mille bêtes à cornes,

72 mille bêtes à laine,

22 mille cochons,et 33 mille chevaux s .

1 I re partie, chap. 26.

4 Eoj/agrr de Péron, tome I, page 463.

5 .tournais of an Expédition , etc., h y John Oxley, London.