INFLUENCE DE LA CIVILISATION.
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•nos journaux, des notes statistiques qui portent sa population, en nombresronds, en 1768 à 9,300,000 ;
en 1787 à 10,400,000;
«n 1797 à 10,500,000;en 1807 à 10,560,000;et en 1817 à 11,100,000.
D’après ces notes, les époques de la plus rapide augmentation sont pré-cisément celles qui comprennent la guerre que l’Espagne fit, de concertavec la France, contre l’Angleterre pour l’indépendance des États-Unis,et la guerre terrible et générale qu’elle eut à supporter lorsque Napoléonvoulut la gouverner sous le nom de son frère. Il est probable que cescrises, toutes sanglantes qu’elles furent, réveillèrent plus qu’aucune autrecirconstance l’apathie qu’on reproche quelquefois à cette nation, et queles rapports de querelles ou d’amitié qu’elle eut alors avec les peuples lesplus actifs et les plus ingénieux de la terre influèrent très avantageuse-ment sur son sort.
Le déclin de la civilisation produit des effets contraires à ses progrès.Au temps (d'Homère, l’Égypte était le pays le plus civilisé elle plus éclairéde la terre; et quoiqu’on puisse soupçonner ce poète d’exagération quandil nous parle-dé ÏJaèbes aux cent portes, par chacune desquelles il pouvaitsortir dix millcrcombattants, ce qui semblerait annoncer une garnisond’un million d’hommes, cela nous montre toujours qu’on avait une hauteidée de sa population, qui nous est en outre confirmée par ces constructionscolossales qui subsistent encore, et qui indiquent l’emploi d’une multituded’ouvriers. Mais aujourd’hui que le joug ottoman a abruti cette malheu-reuse nation, aujourd’hui qu’elle est livrée à l’arbitraire et aux dépréda-tions , la population du pays tout entier n’égale pas probablement celleque la seule cité de Thèbes contenait autrefois.
La Syrie, la Grèce, les Étals du pape, fournissent des observations pa-reilles, et pour les mêmes raisons. Toujours la population suit les produitset les produits suivent les progrès où le déclin de la civilisation.
Lorsque les causes de déclin sont durables, comme celles que nousvenons de voir, la population va constamment en diminuant; mais lorsqueces causes sont passagères, lorsque la civilisation et l’industrie sont con-servées, lapopulalion, grâce à cette force procréatrice toujours supérieureaux moyens d’exister, se rétablit bientôt sur le pied où elle doit être. Elleatteint son ancien niveau si la production moyenne est stationnaire; ellele surpasse si la production moyenne est ascendante.