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Tome II.
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DES PROGRÈS DÉSIRABLES DE LA POPULATION, 163

Dans un sens contraire, le nombre des naissances trompe lorsque lei paysdécline. Il indiquealors une populationmoinsnombreuse à proportion1 qu’elle n’est réellement ; car les naissances de l’année sont le résultat decirconstances plus fâcheuses que celles des années précédentes, auxquelleson doit la population actuelle. C’est donc un expédient très imparfait quecelui que Nccker a adopté dans son livre de Y Administration des financespour évaluer la population de la France. Il multiplie le nombre des nais-sances annuelles par 25 3/4, et lui-même convient que, dans bien des lo-j calités, il faudrait les multiplier par 28, par 30 et davantage. Mais Neckerest excusable, puisqu’il n’avait pas d’expédient meilleur à sa disposition.

' Dans la réalité, il n’y en a qu’un bon, qui est un dénombrement bien fait,i et il n’y a qu’un gouvernement très peu vexaloire et peu dépensier qui| puisse se flatter d’obtenir des renseignements exacts; car lorsque les1 citoyens sont exposés à un service militaire, à des corvées, à des imposi-tions plus fortes, ils parviennent toujours à déguiser leur nombre réel.

CHAPITRE VIII.

I

| Des progrès désirables de la population.

Dans l’intérêt d’un pays’ quelconque, l’accroissement de sa populationne peut sembler désirable que sous le rapport de sa puissance ou du bon-heur de ses habitants. Avec une population plus nombreuse, le pays sera-t-il plus puissant, sera-t-il plus heureux? Telles sont les questions quenous devons nous faire.

Or, il est bien évident que la puissance et le bonheur ne sont point enraison de la population. La Chine contient, au rapport de Macarlney,trois cents habitants par mille anglais carré 1 ll ; et les rapports des autresvoyageurs ne démentent pas essentiellement cette observation. L’Angle-terre n’en nourrit que cent soixante-cinq sur une égale étendue de ter-rain’ 1 . En faudrait-il conclure que la puissance de l’empire chinois est àpeu près double de celle de l’Angleterre? On serait démenti par cet im-mense développement de forces navales de la Grande-Bretagne, par ce

1 Macarlney : Voyage en Chine , tome IV, page 314. Cela fait presque 2700 ha-

ll bitants par lieue carrée.

! Jos. Lotve : Présent siale ofEngland, appendix, page 70.