DE LA FORMATION DES VILLES.
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Cette facilité a fait grouper autour du marché tous les producteurs qui,pouvant également bien exercer partout leur industrie, ont le choix deleur emplacement, et ceux qui, n’ayant d’autres soins que de dépenser lesproduits de leurs capitaux et de leurs terres, pouvant se placer égalementpartout, doivent naturellement préférer les endroits où les objets de con-sommation se présentent en plus grands assortiments et où ils peuventrencontrer en outre les agréments de la société. Les manufacturiers, qui| emploient beaucoup de bras, ont dû se mettre à portée des lieux plus ha-bités; et enfin, ces mêmes lieux étant le rendez-vous naturel des habitantsde tout le canton, c’est là qu’on a dû placer les administrations, les tribu-1 naux et toutes les personnes qui y tiennent.
. C’est ainsi que se sont formées toutes nos villes. Nous n’en voyons plusguère commencer en Europe ; mais dans les pays plus neufs, où il y abeaucoup de terres qui se défrichent, beaucoup d’industrie et d’activité, etpar conséquent où les produits se créent aisément, de même que la po-pulation , il s’établit beaucoup de villes nouvelles et elles croissent avecrapidité; c’est surtout lorsque des avantages particuliers au local se joi-gnent à l’avantage essentiel de communiquer facilement avec tous les en-virons, et de là ensuite avec les provinces éloignées du même pays et del’étranger. Cette facilité de communication est essentielle, car un endroitne peut devenir un lieu de réunion que lorsqu’on y arrive facilement ett qu’on en sort de même.
Voici ce que M. Birkbeck, qui, dans ces dernières années, est allé s’éta-blir dans les provinces occidentales des États-Unis, nous dit de la manière- dont les villes y prennent naissance.
| « Sur les points où plusieurs nouveaux colons ont acheté des mains du
« gouvernement, dans le voisinage les uns des autres, des terres pour les« défricher, un propriétaire, qui voit d’un peu plus loin les besoins du« pays et ses progrès futurs, supposant que sa position est favorable à« l’emplacement d’une ville nouvelle, divise son terrain en petits lots sé-« parés par des rues commodément tracées, et les vend à mesure que« l’occasion s’en présente. On y bâtit des habitations. D’abord un magasi-« nier (on appelle de ce nom un marchand en toutes sortes d’objets) ar-« rive avec quelques caisses de marchandises, et ouvre une boutique.« Une auberge s’élève auprès, et devient la résidence d’un médecin et« d’un homme de loi qui fait l’office d’un notaire, d’un agent d’affaires ;« le magasinier y prend ses repas, et tous les voyageurs s’y arrêtent.