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Tome II.
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SIXIÈME PARTIE. - CHAPITRE X.

« Bientôt arrivent un forgeron et d’autres artisans, à mesure que le« besoin s’en fait sentir. Un maître d’école qui sert de ministre pour« toutes les sectes chrétiennes est un membre obligé de la naissante« commune.

« Si l’endroit est vraiment commode, les cultivateurs d’alentour s’y« rendent pour vendre et acheter, et la ville s’accroît jusqu’à devenir un« centre, une espèce de chef-lieu du pays environnant.

« Cent de ces tentatives ont échoué, et Ton a été obligé de faire passer« la charrue sur des terres où Ton aurait bien voulu voir des maisons ;« mais il y en a cent autres qui prospèrent.

« Il n’y a qu’un an que, dans le local de cette ville de Princeton où je« suis (c’est toujours M. Birkbeck qui parle), on ne voyait que des gens« vêtus de peaux ; maintenant on se montre à l’Église en bel habit bleu ;« les femmes en robes de toile peinte et en chapeaux de paille.

« Une fois la ville commencée, la culture se propage rapidement et se« varie dans ses environs. Les denrées surabondent. Des moulins à eau,« ou (si les chutes manquent) des moulins à vapeur s’établissent sur la« première rivière navigable. L’excédant des provisions s’en va par le« Mississipi, et la même rivière rapporte les objets d’échange qu’on tire« d’outre-mer, par l’entremise de la Nouvelle-Orléans, qui est déjà, et de-« viendra encore plus, un entrepôt immense. »

Ce besoin d’un centre, d’un point de réunion, qui est le premier motif dela formation des villes, est aussi celui qui provoque leur plus grand accrois-sement. Alexandrie d’Égypte, Constantinople, Venise, ont été des centresde communications, des entrepôts de commerce entre l’Europe et l’Asie;c’est-à-dire que les marchands d’Europe y trouvaient les produits del’Asie, et les Asiatiques les produits de l’Europe : c’est ainsi que, dans unmarché, le cultivateur trouve à vendre son blé et à acheter les produits dela manufacture voisine, en même temps que le manufacturier y vend sesmarchandises et y achète les denrées de la campagne.

Et comme dans le grand commerce il n’est point nécessaire que le mar-chand se transporte avec sa marchandise ; comme il lui suffit de donnerdes ordres à des commissionnaires, on peut supposer qu’il y avait àAlexandrie des maisons de commission qui se chargeaient d’acheter, pourAthènes et Rome, des marchandises de l’Arabie, de la Perse ou de l’Inde,et qui faisaient des envois à leurs correspondants de Babylone ou de Bom-bay. Or, on crée des valeurs commerciales, en transportant ainsi des mar-chandises; et cette production, quand le commerce est considérable, en-