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Tome II.
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SIXIÈME PARTIE. - CHAPITRE X.

ville, les motifs même qui doivent faire désirer de l’étendre. « De sem-« blables réglements, dit Jérémie Bentham', ne servent qu’à entasser des« habitants dans des demeures étroites, à rendre l’air malsain, à procurer« des maladies contagieuses, et à faire bâtir une ville sur une autre. »

Quant à la manière dont s’exprime J.-J. Rousseau sur la même ville,c’est une déclamation que n’appuient point les principes de l’économiepolitique. « Ce sont, dit-il, les grandes villes qui épuisent un Etat et qui« font sa faiblesse. La richesse qu’elles produisent est une richesse appa-« rente et illusoire. C’est beaucoup d’argent et peu d’effet. On dit que la i« ville de Paris vaut une province au roi de France : moi, je crois qu’elle j« lui en coule plusieurs; que c’est, à plus d’un égard, que Paris est J« nourri par les provinces, etc. »

Il est vrai que les provinces envoient leurs produits à Paris ; mais ellesne les y envoient pas gratuitement; avec les profils qu’elles en tirent,elles se procurent les produits des arts de Paris; et plus elles s’en pro-curent, moins leurs habitants sont fainéants et grossiers. Si les impôts !des provinces sont principalement dévorés à Paris par le gouvernement, :il ne dévore pas moins les contributions de Paris même. :

A mesure que les villes étendent leurs limites, les parties anciennementtracées et anciennement bâties cessent d’être en harmonie avec le nombre •et la richesse de leurs nouveaux habitants. Toutes les rues bâties à Parisjusqu’à François I er sont faites pour les communications de 150,000 ha-bitants tout au plus, parmi lesquels il n’y en avait pas un seul qui eût uncarosse ou un cabriolet, car ce genre de luxe était encore inconnu dutemps de ce prince. Il fallait, par conséquent, moins d’espace pour la cir-culation des personnes et des approvisionnements. Il en fallait moins en-core dans certaines portions centrales de la ville qui ont été bâties lors-qu’elle ne comptait encore que 20,000, 12,000 habitants, et même moins.Aujourd’hui, dans ces mêmes rues, il passe cent fois plus de monde, sanscompter les chevaux, les voitures , les approvisionnements que supposeune population plus riche et plus nombreuse. Aussi, l’intérieur de nosvilles, et surtout de Paris, ne suffit point à la circulation de leurs habi-tants, et les accidents s’y multiplient tous les jours davantage. Malheu-reusement, les progrès mêmes de la civilisation et des richesses élèventle prix de l’espace à mesure qu’il devient plus nécessaire. Pour élargir les

' Théorie des Peines , tome II, page 310.