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Tome II.
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DK KA COLONISATION.

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père qu’après avoir fondé les établissements de l’Amérique septentrionaleCe sont les vices intérieurs des Etats qui les ruinent et les dépeuplent, etnon pas les émigrations.

Il ne faut donc point s’armer contre elles, ni même contre l’extractiondes capitaux, d’abord parce que c’est inutilement qu’on le ferait, et aussiparce que c’est une violation du droit naturel : toute société peut bien im-poser les conditions qu’il lui plaît aux associés qui viennent se réunir àelle, ou qui consentent à vivre dans son sein; mais elle n’a aucun droit surceux qui veulent la quitter lorsqu’ils ne prétendent rien emporter qui appar-tienne à l’État ou aux particuliers. S’y opposer n’est pas seulement un passe-droit, c’est unebarbarie et une maladresse : « C’est changer l'Elal en prison,« dit Bentham * 1 2 ; c’est publier, au nom même du gouvernement, qu’il ne« fait pas bon y vivre. II semble, ajoute-t-il, qu’un tel édit doit toujours« commencer ainsi : Nous, etc., ignorant l'art de rendre nos sujets heu -« reu.Xj bien assurés que si nous leur laissions la liberté de fuir ils iraient« chercher des contrées moins opprimées, etc. »

Quant au sort qui attend les colons dans un établissement nouveau, ildépend d’eux-mêmes principalement. Il faut qu’ils possèdent, outre quel-ques avances dont j’ai déjà parlé, les qualités qui font réussir dans les éta-blissements lointains, et dont je vais indiquer rapidement les plus essen-tielles, soit pour engager à les acquérir quand on se destine à de telsétablissements, soit pour détourner les gens qui ne les ont pas de faire desentreprises qui échoueraient nécessairement, non sans les rendre, ainsique leurs familles, horriblement misérables.

Pour réussir dans un établissement lointain, un homme doitêtrejeune :car il s’agit pour lui de perdre des habitudes anciennes et d’en acquérir denouvelles; or, onsaitque rien n’est plus difficile au vieil âge. Il doit pouvoirse passer sans chagrin des sociétés nombreuses et des divertissementsqu’on 11 e trouve que dans les villes. La vie de famille, la liberté et lesplaisirs ruraux doivent suffire à son bonheur et à celui de sa compagne.

’ Il y a une île en Écosse ,Tile de Skie) qui n’a pas douze lieues de long. Ellecomptait, en 175o, un peu plus de 11,000 habitants. Dans les années qui sui-virent, elle en perdit 8,000, qui allèrent s’établir, soit aux États-Unis, soit dansles parties basses de TÉcosse; vous pourriez croire qu’après ces émigrations ilne lui resta que 3,000 habitants : elle se trouva en avoir au-delà de 14,000 ! (Sta-

1 tistique de sir John Sinclair.)

2 Théorie des peines et des récompenses, tome II, page 310.

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