SYSTÈME AGRESSIF ET SYSTÈME DÉFENSIF.
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sein des nations divisées d’intérêts. Celles dont on attaque tous les intérêtsse lèvent en niasse ; et je ne crois pas qu’une nation qui déclare son voeude cette manière puisse être vaincue. Je ne crois pas même qu’elle puisseêtre attaquée, si d’ailleurs elle n’est pas menaçante. Une agression étran-gère ne peut être formidable que lorsqu’il y a un concours de plusieursennemis coalisés, et ce concours ne peut être obtenu que contre un Étatqui pèse sur les autres, qui leur impose des lois et des tributs, qui les as-socie forcement dans ses querelles. Mais on ne se coalise pas contre unenation qui offre toujours à ses voisins les trésors de sa bienveillance et deson commerce; tout le monde, au contraire, est intéressé à la défendre.
Lorsque les États sont trop peu considérables pour qu’une levée enmasse de tous leurs citoyens suffise à leur défense, ils doivent se lier àd’autres par un pacte fédéral ; et c’est encore dans l’organisation politiquequ’il faut trouver des liens assez forts pour que les États les moins me-nacés ne puissent pas refuser leur concours à ceux qui le sont davantage '.
1 Je n’ignore pas que l’on peut, avec une apparence de raison, tirer quelqueargument contre le système purement défensif des événements arrivés en Suissedans les dernières années du dix-huitième siècle, où cette république ne fut pré-servée ni par sa neutralité, ni par sa fédération, de l’invasion des armées de larépublique française; mais il faut embrasser la question tout entière. La Suisseétait une très mauvaise confédération. Ses peuples n’étaient pas unis par desintérêts pareils. Peut-on considérer les pays sujets, tels que l’Argovie, le paysde Vaud, et les baillages italiens, comme des Etats confédérés? Ils appelaientles Français au lieu de chercher à se défendre contre eux. On peut en dire à peuprès autant d’une grande partie de la population dans les cantons aristocratiques.Tout ce qui n’avait pas le droit de cité n’était qu’une population humiliée, ex-ploitée au profit de la classe privilégiée. Enfin la neutralité de la Suisse n’étaitqu’illusoire. Je ne prétends pas défendre la politique de la France envers lespuissances étrangères à cette époque ; je crois qu’elle était fort mauvaise; maisenfin les principaux cantons suisses favorisaient secrètement, et même ouver-tement, les ennemis de la France. Un agent anglais résidait à Bâle. Le gouver-nement bernois secondait en toute occasion les coalitions et les trames ourdiescontre la république française. Enfin les intentions du parti aristocratique hel-vétique qui dominait alors se sont pleinement manifestées en 1814 et depuis,où il a fait?à la France tout le mal qui dépendait de lui. Si une moitié de laSuisse n’avait pas appelé les Français, et si l’autre moitié avait été réellementneutre, elle n’eût jamais été envahie.