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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XXIX.

CHAPITRE XXIX.

Des essais dans les arts.

Nos connaissances scientifiques (dont les arts ne sont, ainsi qu’on l’avu, que des applications utiles) ont pour bases les observations et lesexpériences des savants, mais indépendamment des expériences quiservent de fondement à l’art. L’homme qui possède le plus complètementla physique végétale, s’il voulait se mettre à cultiver son bien avant d’avoirrecueilli un grand nombre de connaissances pratiques, ferait probable-ment un assez mauvais cultivateur. J’en dirais autant d’un profond méca-nicien qui voudrait se mettre à la tête d’un art mécanique. Le meilleurcalculateur, s’il n’appelle l’expérience à son secours, échouera dans sescalculs appliqués aux arts. Aucun calcul, jusqu’à présent, n’a pu nous ap-prendre quelles corrections il faut faire à l’effet présumé d’une machineen raison des frottements, en raison de l’inertie des masses, du peu deflexibilité des cordes. La ténacité du fer, dubois, des autres corps ne noussont connus que par des essais, etc.

Les progrès d’un art sont le résultat d’une foule de découvertes dontquelques-unes se perdent dans la nuit des temps cl qui se transmettentde générations en générations. Beaucoup de préjuges , de pratiques oi-seuses et même nuisibles, se transmettent en môme temps, et nous enavons de beaux restes, témoin les routines suivies dans les campagnes,dans les petites villes, et en général dans les pays où de bonnes méthodesd’observation et de saines lumières n’ont pas pénétré. Il y en a de si ridi-cules que nos neveux n’y voudront pas croire, à moins que des curieuxne prennent soin de conserver des exemplaires de ces vieux almanachs oùl’on voit de quels préceptes se nourrit encore la crédulité des campagnes.

La grande révolution opérée dans les sciences depuis Bacon et Galilée,et qui a rendu nos connaissances plus sûres en ne les fondant que sur desexpériences bien faites et concluantes, devait être suivie de très grandsprogrès dans les arts, et l’a été en effet. Les inventions et les perfection-nements qui n’ont pas deux siècles de date dans l’industrie sont immenseset ne cessent de frapper d’étonnement tous ceux qui ont eu quelque occa-sion de les observer et qui en sentent la conséquence. De ces perfection-nements, les uns sont dus au hasard ainsi que d’autres plus anciens; ilsont même été plus nombreux qu’auparavant, parce que les arts étant plus