DES BUDGETS,
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Outre les dépenses qui figurent au budget, les peuples en ont beaucoupd’autres qui n’y figurent pas. De ce nombre sont les dépenses locales desprovinces, des districts, des communes. Dans les pays qui sont bien admi-nistrés, les besoins des localités sont soumis à l’approbation de leurs ha-bitants, ou des délégués de leurs habitants; en France, depuis le règnede Napoléon, les conseils de départements qui votent les dépenses localessont nommées par le prince ou par scs agents ; et, comme les adminis-trateurs de la localité (les préfets) sont également nommés par le prince,il en résulte que les provinces et les communes sont gouvernées par une.espece d’aristocratie qui n’est point selon l’esprit de la constitution de cepays. Pour comble d’abus, les budgets des localités sont rarement sou-mis, par l’impression, à l’investigation du public'.
En Angleterre, le clergé épiscopal s’étant emparé non-seulement desbiens-fonds qui appartenaient au clergé catholique auquel il a succédé,mais des dîmes ou contributions que ses prédécesseurs faisaient payer aupeuple, il se trouve que le peuple paie, de cette manière seulement, au-delà de 112,000,000 de francs qui ne figurent point au budget 1 2 * . Il en estde même de la taxe des pauvres qui est répartie cl levée par les paroisses,et qui s’élève, dit-on, à près de 8 millions sterling 5 (200,000,000 francs).C’est une des plaies de l’Angleterre.
De casuel des gens de lois, bien qu’il ne figure pas au budget, n’en estpas moins une lourde charge pour les peuples.
En France, le traitement et les pensions du clergé, les séminaires ouécoles de prêtres, et eu général les dépenses relatives au sacerdoce, for-ment autant d’articles du budget 4 ; mais les frais occasionnés par les pres-
1 Les fonctions de membres des conseils généraux, des conseils d’arrondis-sements et des conseils communaux ont enfin été rendues électives en France.Les élections et les attributions de ces conseils sont maintenant réglées par leslois des 21 mars, 19 avril 1831, 22 juin 1833 et 20 avril 1834. ( Noie de l'édüeur.)
2 Comme l’État ne salarie pas les prêtres des religions dissidentes, leursouailles les paient, en même temps qu’elles paient la dime au clergé anglican.C’est ainsi que les malheureux catholiques d’Irlande, après avoir payé le clergépapiste pour qu’il entretienne leur ignorance et leurs préjugés, paient les dîmesau clergé anglican pour qu’il les persécute.
5 Suivant les Slalislical 1/luslralionsof lhe London slalislicalSociety^ page 37,la taxe des pauvres s’est élevée, en 1817, à 7,890,148 livres sterling.
4 La France paie, pour les frais généraux du fuite catholique, environ 50 mil-