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Tome II.
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HUITIÈME PARTIE.

CHAPITRE IX.

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d’autres plus grossières et moins dispendieuses. Telle est à peu près la icondition de tout pays fortement imposé. J

Si vous vous reportez, messieurs, aux principes professés dans tout le ïcours de cet ouvrage 1 , vous sentirez que, comme la valeur est une quan- .tité relative, si les produits sont plus chers, la nation est plus pauvre ; elle ine peut plus en consommer en même quantité, elle est bien moins accom-modée, elle a plus de privations à supporter.

C’est la même doctrine que celle que je vous ai enseignée en commen-çant : la richesse est en proportion de la valeur des choses qu’on possède,et la valeur en proportion de la quantité de choses consommables qu’ellespeuvent acquérir 2 . Or, notre propriété constante, ce qui nous fournit in-cessamment le moyen d’acheter les choses que nous voulons consommer,ce sont nos fonds; nous sommes d’autant moins riches en fonds, que, quelque soit leur prix nominal et le prix des produits qui en sortent, nous nepouvons acheter parleur moyen qu’une moins grande quantité de choses 3 .

Celte doctrine, complètement confirmée par l’expérience de tous les ]temps et de tous les pays, est méconnue de David Ricardo, et, faute del’avoir adoptée, je crains qu’il ne se trompe dans la plupart des explica-tions qu’il donne des phénomènes de l’impôt. Il dit que, « si un contri- I« buable paie 100 fr. au gouvernement, le gouvernement possède 100 fr.

« de plus à dépenser en place du contribuable 4 . « Il en résulte bien, eneffet, que la somme totale des revenus de la société n’a pas été diminuée;mais les frais de production ayant été augmentés du montant de l’impôt,les mêmes revenus ne peuvent pas acheter la même quantité de produits.

Ricardo prétend que, lorsque les consommations du fisc sont d’une autrenature que celles du public, la production change d’objet, et c’est là toutl’inconvénient qu’il y trouve ; mais n’est-ce point un grave inconvénientque de détourner l’industrie de sa pente naturelle? Un pareil changement

1 Notamment aux chapitres 1 et 5 de la III e partie de cet ouvrage, tome I er ,pages 352 et 365.

2 Première partie, cliap. 1 de cet ouvrage.

3 On peut se rappeler (voyez tome I er , page 365) qu’avec nos fonds nous nousprocurons les objets de notre consommation, soit directement en les créant, soitindirectement en les achetant avec ce que nous avons créé. L’importance de nosfonds productifs, quels qu’ils soient, est proportionnée à la quantité de chosesconsommables qu’ils peuvent nous procurer d’une ou d’autre manière.

4 Principles of polilical economy and taxation; cliap. 16.