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HUITIÈME PARTIE. - CHAPITRE XV.
possède même pas ; mais celui-ci lui paie, par le ministère du même agentde change, une somme de 200 francs, montant de la différence qui se trouveentre le prix auquel l’acheteur a acheté la rente et le prix qu’elle vaut aumoment du règlement. L’acheteur est censé dire au vendeur : Vous m'avezvendu , pour me la livrer aujourd'hui, une inscription de mille francs derente, au prix de vingt mille francs-, si je vous obligeais à acheter cetteinscription, pour me la livrer, elle vous coûterait 20,200 francs : payez-moi les 200 francs d'excédant, et je vous tiendrai quitte. Vous voyez bien,messieurs, qu’une pareille vente n’est qu’un pari déguisé que j’avais ré-duit à ce qu’il est en réalité.
Je vous fais grâce de quelques clauses qui se mêlent quelquefois à de^semblables marchés', clauses qui ne sont que des modifications de cejeu, inutiles aux conséquences que le publiciste peut en tirer.
Vous remarquerez que ce jeu exige que les joueurs fixent le terme oùle prix courant de l’inscription détermine la perte et le gain des joueurs.Il est bien évident que, lorsqu’il est question seulement de transférer vé-ritablement une rente, le vendeur et l’acheteur peuvent déterminer à l’ins-tant même le prix qui convient à l’un et à l’autre, et qu’un marché de cegenre, ne donnant lieu à aucune incertitude, ne peut être l’objet d’unpari. L’agiotage n’a lieu que dans les marchés à terme. Le danger de cejeu a été signalé dès longtemps; en Angleterre, comme en France, la loine reconnaît pas les marchés à terme ; le joueur gagnant ne peut exercerune action juridique contre le perdant ; mais celui-ci est déshonoré s’il netient pas sa promesse. C’est la loi des tripots.
Vous remarquerez encore que les renies réelles, les inscriptions sur lelivre de la dette publique ne sont pour rien dans les jeux de bourse, si cen’est pour fournir le prix courant qui sert de base au paiement des diffé-rences. Les joueurs ne sont ni des emprunteurs, ni des prêteurs véri-tables ; le seul emprunteur réel est le gouvernement qui reçoit un prin-cipal et qui promet une rente ; et le seul prêteur réel est celui qui, ayantaccumulé un capital, achète et garde son inscription. Il semblerait, en
' On fait des marchés à primes, où l’acheteur paie d’avance au vendeur unesomme au moyen de laquelle il reste libre, en faisant le sacrifice de cette somme,d’annuler le marché au terme convenu, si la perte qui en résulterait pour luiexcédait la prime qu’il a déjà payée. C’est une manière de limiter la perte à la-quelle on s’expose.