DE L’AGIOTAGE.
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conséquence, que le gouvernement devrait rester indifférent à l’agiotage,ou plutôt s’efforcer de le réprimer. C’est pourtant ce que ne font pas lesgouvernements emprunteurs quand ils obéissent à un intérêt sinistre, àun intérêt qui n’est pas celui du peuple qui les paie, et auquel seul ils de-vraient leur protection. Il ouvrent des lieux splendides de réunion, où lestransactions utiles des négociants entre eux, les ventes et les achats quiont pour objet d’approvisionner le pays, de procurer à l’industrie ses ma-tières premières, à la consommation ses aliments, ne font qu’une humbleligure à côté des opérations où s’élèvent et se renversent les fortunes finan-cières. On conçoit en effet qu’un gouvernement qui est disposé à em-prunter, veuille avoir un marché constamment ouvert, où, soit à un prix,soit à un autre, il ait la certitude de trouver un capital, pourvu qu’il offreune rente. C’est une institution sans laquelle nul traitant n’oserait con-tracter avec aucun gouvernement; car il ne serait pas assuré de vendreau public ce qu’il aurait acheté de l’autorité. Du reste, le taux du coursn'est, ni pour l’une ni pour l’autre des parties contractantes, un objet dela première importance. Haut ou bas, le traitant peut faire scs offres, etle ministre peut les accepter. Il suffit d’observer que, comme le ministreveut toujours avoir la même somme, quel que soitl’élaQdu cours, il meten vente moins de rentes si le cours est élevé, et qu’il en met davantages’il ne l’est pas. Et, pour ne point violer ce qu’on appelle assez gratuite-ment la foi publique, le contribuable, qui n’a rien promis, lient les enga-gements pris par le ministre.
A ce motif ostensible qu’on a pour tolérer et même pour favoriser l’agio-tage, il ne serait pas impossible qu’il s’en joignît quelquefois d’autres plussecrets et non moins puissants. Les opérations du gouvernement exercentune influence nécessaire sur les fonds publics. Si la guerre est probable,on prévoit des dépenses extraordinaires, et par conséquent des em-prunts. De nouvelles renies seront mises sur le marché et entreront enconcurrence avec les rentes anciennes : leur prix baissera. Si l’on pré-voit la paix, les accumulations devenues plus faciles et les emprunts plusrares, les rentes seront plus recherchées, les fonds publics monteront.Un revers qui rendra nécessaires de nouveaux sacrifices, des succès quiprocureront au gouvernement de nouvelles forces, auront des effets ana-logues'. Quel avantage n’ont donc pas les hommes qui, placés au timon
' Bonaparte devenu consul, les fonds publics éprouvèrent une hausse. Onpensait avec raison que, sous un gouvernement puissant et ferme, les contribu-