DU REMBOURSEMENT DE LA DETTE PUBLIQUE. 461
toujours à plus bas prix qu’il n’achcte ; il supporte toujours une perteégale aux bénéfices que font les possesseurs de rentes, soit spéculateurs,soit simples rentiers ; et c’est ce qu’à la bourse on appelle améliorationdu crédit, augmentation des capitaux placés dans les fonds publics'.
Ricardo regarde en outre les jeux de bourse comme hautement préju-diciables à la morale. Personne n’a osé le nier, mais cet auteur est louablede les condamner; et nul ne s’y connaissait mieux que lui, qui avait étéagent de change pendant longtemps.
« Enfin, ajoute-t-il, de quelque coté qu’on envisage cette question, nous« arrivons à la même conclusion : il est fort à désirer que nous débarras-« sions notre politique du système des emprunts. Surmontons les diffi-« cullés à mesure qu’elles se présentent, et soyons libérés de toutes dé-« penses anciennes, dont nous ne sentons bien le fardeau que lorsqu’il« est devenu intolérable' 1 2 . »
CHAPITRE XVII.
Du remboursement (le la dette publique.
Voici, messieurs, des vérités communes, triviales même, et cependantje ne puis faire autrement que de les énoncer en traitant ce sujet, puis-qu’on parle, et, ce qui est plus fâcheux, on agit comme si elles n’existaientpas.
Souffrez donc que je vous rappelle qu’une nation, de même qu’un par-ticulier, est plus pauvre de tout ce qu’elle doit. Si l’État est obligé depayer tous les ans deux cents millions d’intérêts à ses créanciers, les con-tribuables ont deux cents millions de moins à dépenser chaque année pourles besoins ou les plaisirs de leurs familles. Tous les éloges qu’on répandrasur les ressources du crédit et les avantages des dettes publiques ne chan-geront rien à ce résultat.
1 Quand la caisse d’amortissement rachète sur le pied de 100 francs des ins-criptions dont elle n’a touché que 55 francs, le contribuable perd 45 francs pourchaque rente de 5 francs. C’est le contribuable français qui paie les frais de cesbénéfices qu’ont empochés à diverses époques, et selon l’importance de leursrentes, les porteurs d’inscriptions depuis 1817 jusqu’à nos jours.
2 Ricardo, Encyclopédie britannique, article F undiny System.