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HUITIÈME PARTIE. - CHAPITRE XVI.
« nous être engagés dans la guerre avec imprudence, nous y avons per—« sisté par obslinalion, et rejeté des propositions meilleures que celles« que nous avons plus tard acceptées forcément '. »
David Ricardo, quoique riche capitaliste lui-même, et l’un des traitantsqui sont le plus entrés dans les emprunts par souscription, mais en même;temps homme d’honneur, savant en économie politique, et plus disposé tudéfendre les intérêts de la vérité que ceux de sa bourse, se prononce for-mellement pour la ressource de l’impôt préférablement à celle des em-prunts. Certains contribuables, dit-il, surtout les propriétaires fonciers,,ne pourront peut-être pas subvenir, en cas de guerre, à une augmenta-tion d’impôts; que les mêmes prêteurs qui voulaient faire des avances aiugouvernement, en fassent aux contribuables propriétaires et aux chefsd’entreprises, pour les aider à payer leurs impositions. Ricardo est d’avisqu’avec un bon système hypothécaire il serait possible de leur donnerune sécurité suffisante pour leurs fonds *. Les contribuables qui sont lesplus imposés sont en même temps ceux qui donnent de plus fortes ga-ranties.
Les financiers, qui n’osent pas soutenir qu’une nation est plus riche euempruntant et en faisant des dettes, ont exagéré la commodité que lesemprunts procurent pour faire une dépense qu’ils supposent toujours in-dispensable. Mais en admettant qu’elle le soit en effet, convient-il de payercelle commodité à un prix si onéreux? On peut la comparer à celle dontjouissent les petits ménages qui, n’ayant pas assez d’argent pour acheterleur bois ou leur charbon par grandes mesures, les achètent chez le dé-taillant à la bûche ou au boisseau : ils paient ainsi leur provision audouble de sa valeur. Uncgrande nation, à moins d’être bien mal conduite,n’est jamais réduite aux mêmes extrémités.
Les emprunts que fait un gouvernement pour soutenir une guerresont toujours faits et remboursés aux époques qui lui sont les plus défa-vorables. 11 emprunte à l’époque où son crédit est le plus bas, à l’époque oùil met chaque année sur le marché de nouvelles rentes qui font concur-rence aux anciennes et occasionnent la baisse des unes et des autres. S’illes rachète avec les fonds d’une caisse d’amortissement, c’est à l’époque oùla paix est revenue, où son crédit est plus solide que jamais, et où le prixdes effets publics est à son apogée. Règle générale, le gouvernement vend
Rob. Hamillon : on lhe national debl, page 37 de la 3 e édition anglaise.Ricardo, article Funding System, dans VEncyclopédie britannique.