DE LA COMPTABILITÉ COMMERCIALE.
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ling, qui pouvait jusque-là acquérir 113 grains d’or fin, ne put bientôt plusen acquérir que 112, puis 100, puis 90, et même moins. La valeur de lalivre sterling déclina de môme dans l’échange qu’on en fit contre touteattire espèce de marchandise ; et ceux qui additionnaient une même paged’un compte, où il y avait eu des articles couchés, les uns au commence-ment, les autres à la fin de la même année, additionnaient, dans la réalité,des unités de valeurs diverses. Ils additionnaient des livres sterling de113 grains d’or avec des livres sterling de 104 grains, de 93 grains, etc.
Si Ton eût tenu ses comptes en grains d’or au lieu de les tenir en livressterling, il se peut qu’on eût additionné ensemble des grains d’or qui n’a li-raient pas eu aux deux époques précisément la même valeur par rapportaux autres marchandises ; mais, en premier lieu, cette différence eût étéinsensible, et, finalement, on n’eût mis ensemble que des unités pareilles,dont chacune aurait représenté un grain d’orfin, avec toutes ses propriétés.
La base de tous les comptes est un inventaire ou un bilan ; c’est-à-direun état de toutes les choses évaluables qu’on possède, avec leur évalua-tion en une même marchandise, en un dénominateur commun, en mon-naie d’argent, en francs. Les créances, les sommes qui vous sont dues pard’autres particuliers, y figurent évaluées de même que toutes les autrespropriétés. Les comptes que l’on tient régulièrement se continuent enajoutant à ce premier fonds toutes les valeurs qui deviennent notre pro-priété, et en retranchant toutes celles qui cessent de l’être. Quelque for-mule que Ton emploie, c’est à cela que se réduisent toutes les comptabi-lités. Inventaire ; addition de tout ce qui doit y entrer ; défalcation de toutce qui doit en sortir.
11 semble que, pour connaître la situation de sa fortune, il suffise deregarder clans sa bourse, ou dans sa caisse, pour savoir ce qui s’y trouve.Cela suffirait tout au plus si Ton n’avait jamais sa fortune qu’en argentcomptant ; mais il n’est presque personne qui ne possède autre chose quedes espèces. Quand on n’a ni capitaux placés, ni terres, on possède dumoins son mobilier; et, dans tous les cas, il faut déduire de ce qu’on a lesdettes dont on est passible. En d’autres mots, l’état de la caisse vous montrebien ce que vous possédez en argent, mais non ce que vous avez sousd’autres formes. Elle ne vous donne qu’une idée imparfaite de votre situa-tion, de vos droits et de vos engagements ; elle ne vous le montre pas d’uncoup-d’œil et dans un tableau unique. En quelque état de fortune queTon se trouve, il est utile aux familles de connaître exactement leur fer-