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Tome II.
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HUITIEME PARTIE.

CHAPITRE XVIII.

lune et de pouvoir s’en rendre compte. C’est le premier guide qu’on doitconsulter dans la conduite de son bien; c’est Tunique moyen de se fairerendre par les autres ce qu’ils vous doivent, et de ne pas leur faire tort dece que vous leur devez.) Sans doute, le soin qu’on met à tenir ses comptesI n’ajoute rien à nos revenus; mais il nous rend plus présente la nécessité• de redoubler nos efforts pour les améliorer, ou de diminuer nos dépensespour les y proportionner. L’homme qui dépense plus qu’il ne reçoit, àcoup sûr dépense le bien d’autrui, soit qu’il ait obtenu ce surplus parl’abus qu’il a fait de leur confiance, ou qu’il le tienne de leur générosité.Dans tous les cas, on se doit à soi-même, ou doit aux siens, de connaîtreexactement sa situation. La première règle de l’économie est de tenir sesçomptes, et le premier pas qui conduit au désordre est de les négliger.

Cette obligation est bien plus étroite encore pour les négociants, et engénéral pour tous les entrepreneurs d’industrie. Ils ont des rapports d’in-térêts avec une foule de personnes, avec des vendeurs, des acheteurs, descréanciers et des débiteurs, des prêteurs de fonds, des associés, des em-ployés, des ouvriers. Les lois le leur prescrivent ; et cette nlerventiondes lois dans les affaires privées est tellement utile en point de fait, queje ne l’ai jamais entendu blâmer en point de droit. Les livres de compterégulièrement tenus sont le seul moyen de constater les transactions, derégler les droits des créanciers en cas de faillite, de décès, ou de litige ;et les tribunaux y ajoutent foi lorsque rien n’y peut faire présumer la fraude.

Les livres de compte des négociants (et tous les entrepreneurs d’indus-trie peuvent passer pour des négociants), leurs livres, dis-je, se tiennentsuivant deux méthodes qu’on nomme parties simples et partiis doubles.

Un négociant qui tient ses livres en parties simples, couche sur un re-gistre, qui se nomme journal, toutes les opérations de son commerce àmesure qu’elle se présentent . S’il a acheté des cafés, il écrit sur son journal :

Acheté tant de livres de café à Pierre, Jean ou Guillaume, à tel prix, payablesdans tel temps.

C’est là le fondement de tous ses comptes. En tenant note ainsi detoutes les affaires qu’il fait, à mesure qu’elles se font, le négociant estsûr de n’en pas omettre. Mais comme une liste de beaucoup d’affairessuccessives ne lui donnerait aucune idée de ce qu’il doit à chacun de sescorrespondants, ni de ce qui lui est dû par eux, il relève chaque article