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HUITIÈME PARTIE.
CHAPITRE XVIII.
exactement du résultat de chaque opération, ou de chaque nature d’opé-rations, parce qu’on les personnifie pour ainsi dire: on leur demandecompte de ce qu’elles doivent, et on leur tient compte de ce qu’on leur doit.
Je ne sais si, dans un développement purement oral, je pourrai vousfaire entendre ce qu’il y a de fondamental dans la tenue des livres en par-ties doubles, qui nous vient des Italiens, et qui a été adoptée par toutesles maisons de commerce du monde, lorsqu’elles ont quelque importance.
Le fondement des livres en parties doubles est, comme dans la méthodeprécédente, le journal, ce registre dans lequel on consigne jour par jour,heure par heure, s’il le faut, toutes les opérations qui se font dans unemaison de commerce, dans une entreprise quelconque ; mais ici la ma-nière dont les articles sont conçus est un peu différente et forme le ca-ractère essentiel de celte méthode.
En toute affaire d’intérêt, il y a transmission d’une valeur ; par consé-quent il y a une partie qui donne et une partie qui reçoit ; ce qui, pourchaque affaire, constitue un créditeur et un débiteur. Le créditeur est celuiqui se dessaisit de la valeur ; le débiteur est celui en faveur de qui l’on s’endessaisit. Dès-lors, pour représenter complètement chaque affaire, il fautdésigner un débiteur et un créditeur, et constater sur chacun de leurscomptes la transmission qui a été opérée. De là la méthode des partiesdoubles. On y écrit doublement chaque affaire ; on lapasse sur deuxcomptes.
Ce n’est pas tout. On personnifie certaines affaires, certaines branchesde la maison de commerce ; on en fait des débiteurs et des créditeurs ; desorte qu’à chaque instant on peut connaître, non-seulement les rapportsqui existent entre les correspondants et la maison, mais ceux des diffé-rents embranchements de la maison entre eux. C’est ce qu’un exemple ferabeaucoup mieux comprendre.
Théophile m’a fait une remise, c’est-à-dire m’a fait l’envoi d’un effet decommerce payable dans un mois. Mon teneur de livres constatera ainsicelte opération sur le journal :
Remises (c’est-à-dire mon compte de remises) doivent à Théophile pour telleet telle transmissions (ici le détail de la somme, de l’effet de commerce, de sonéchéance, de l’accepteur qui doit l’acquitter, etc.)
Lorsque cet arlicle sera rapporté du journal sur le grand livre (c’cst leclassement des articles du journal), il paraîtra dans deux comptes diffé-