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Tome II.
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NEUVIÈME PARTIE.

NOTIONS COMPLÉMENTAIRES.

CHAPITRE PREMIER.

Des rapports de la statistique avecTéconomie politique.

A mesure que les nations de l’Europe sont devenues plus populeuses,plus riches et plus puissantes,'l’attention des hommes instruits et de ceuxqui aspirent à l’être s’est plus particulièrement dirigée sur la situation, lamanière d’être des différents Etats. On a cherché à rattacher la conditionde l’espèce humaine aux institutions des divers pays. On avait l’histoiredes princes : on a voulu avoir celle des nations; on a été conduit à re-chercher ce qui pouvait les rendre plus heureuses; les progrès déjà faitsont permis d’apprécier ceux qui restaient à faire; et cette époque de transi-tion a rendu nécessaire l’étude des choses sociales. Onavouluenconnaîlrela nature et en juger les effets. De là, l’importance que chaque jour ac-quièrent l’économie politique, c’est-à-dire, la connaissance de la naturedes choses, et la statistique, qui nous instruit des phénomènes qui en sontles résultats.

Cette première vue générale nous indique que l’économie politique estune science fixe, et la statistique une science essentiellement progressivecomme l’histoire. Dans tous les temps et dans tous les pays, l’industrie,aidée des capitaux et du sol, donnera des produits qui feront nos richesses;dans tous les temps et dans tous les pays, la satisfaction de nos besoins,les consommations et les jouissances qui en sont la suite, diminueront cesrichesses. Mais, dans tous les temps, le nombre des hommes dont secompose chaque nation ne sera pas le même, et ils ne jouiront pas desmêmes avantages; ils ne seront pas également bien accommodés.

Ces deux genres de connaissances sont fondés sur des faits d’un ordredifférent. Le sang circule dans les veines : voilà un fait des mieux avérés;mais c’est un fait constant qui arrive toujours dans des circonstances pa-reilles; il a toujours les mêmes causes et produit les mêmes effets, saufes circonstances accidentelles qui troublent son action; mais, en lui-même, il ne présente point de phénomènes nouveaux. On le connaît pour

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