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NEUVIÈME PARTIE. — CHAPITRE I.
avoir été solidement établi une fois pour toutes. Il n’a plus besoin d’êtreconstaté dans aucun journal de faits médicaux. Or, il est, en économiepolitique, des faits absolument du même genre. Bien que l’argent soitemployé dans la plupart des échanges, on peut se convaincre que lesachats et les ventes se réduisent tous à des échanges en nature, et qu’aufond les produits ne s’achètent pas avec de l’argent, mais avec d’autresproduits. Ce fait, tout aussi constant que celui qui précède, quoique nonmoins avéré, n’est pourtant pas plus que l’autre de nature à être consignédans une statistique. Il est une conséquence nécessaire de la nature deschoses, et non d’un concours de circonstances fortuites. Si l’on en parledans une statistique, ce n’est pas pour l’annoncer : il est déjà connu. C’estaccidentellement, et pour remettre sous les yeux du lecteur un fait dontl'existence ne dépend pas d’une observation nouvelle.
De là, les différences qui caractérisent ces deux genres d’études : l’une(l’économie politique) appartient à tous les temps, à tous les lieux. L’autre(la statistique) n’enseigne point de vérités générales, et s’attache à cons-tater les phénomènes à mesure qu’ils arrivent. Il est impossible de ne pasajouter au mol de statistique ceux-ci : de tel endroit et de telle époque.On ne peut pas dire absolument : tel ouvrage enseigne la statistique ; carla statistique du jour de demain, de l’année prochaine, n’existe pointencore ; tandis que Ton peut dire : tel ouvrage contient les vérités fonda-mentales cl invariables de l’économie politique.
L’homme qui prétendrait que la statistique est le fondement de l’éconotnie politique, confondrait ces deux natures de faits. Toute science secompose de faits. Qui pourrait en douter ? Que serait une science qui nousapprendrait autre chose que ce qui est ou ce qui se fait? Une chimère.Mais on peut envisager les faits sous divers points de vue ; on en tire desconclusions de plusieurs sortes. Si Ton disait à un chimiste : Fous pré-tendez nous enseigner la manière de faire de l’acide sulfurique; maissavez-vous quelle quantité de soufre on extrait habituellement des mines?de quelle quantité d'oxigène nous pouvons disposer au besoin? Telles sontles bases de la fabrication de l'acide sulfurique. — Le chimiste serait eudroit de répondre : Je n'ai nul besoin desavoir combien de livres de soufreon peut trouver dans Paris , ni combien il y a d'oxigène dans toute l'at-mosphère. Cela ne m'apprendra point comment se forme l’acide sulfurique;mais j’ai besoin de savoir quelles sont la nature et les propriétés du soufreet de l'oxigènc.
Ce ne sont pas davantage les états d’importation et d'exportation qui