TABLEAU GÉNÉRAL. - ORGANES ESSENTIELS.
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de suite à notre étude', les sociétés les plus développées que nous con-naissions. C’est l’état de la société qui nous importe le plus, car c’est lenôtre ; c’est celui qui frappe nos yeux ; les autres ne donnent lieu qu’à devaines spéculations, à des projets imaginaires; à moins qu’on ne voulûtnous faire rétrograder à l’état de pasteurs, de chasseurs, que sais-je? desauvages, qui réduirait notre nombre au dixième, au centième, et ren-drait nécessairement ce qui resterait de nos sociétés plus féroce; car ledénuement et le besoin poussent les hommes à la violence et à l’injustice.
Je vous ferai seulement remarquer un trait commtm dans ces diversétats de la société dont il nous reste des exemples dans plusieurs lieuxde la terre: c’est que le soin principal des sociétés humaines est, danstoutes, de pourvoir à leurs besoins. Que les hommes poursuivent desanimaux, ou qu’ils multiplient des troupeaux , ou qu’ils provoquent lafécondité du sol ; c’est toujours pour y trouver leur subsistance, accompa-gnée des autres biens dont la nature de l’homme, le climat qu’il habite,les mœurs de ses semblables, et en général toutes les circonstances aumilieu desquelles il se trouve placé, lui ont fait un besoin.
Nous pouvons confondre dans les mêmes considérations la famille etle chef qui pourvoit à ses besoins et dont il représente seul toutes les vo-lontés. Leurs intérêts sont les mêmes; ils sont pour nous un seul individu.Les principes, les observations qui les concernent, composent l’économieprivée.
L 'économie publique embrasse les observations et les principes qui ontrapport aux intérêts d’une nation considérée eu particulier, et commepouvant être opposés aux intérêts d’une autre nation.
Enfin, l’économie poli tique regarde les intérêts de quelque nation que cesoit, ou de la société en général.
L’homme doit à la libéralité de la nature plusieurs biens indispensablesà son existence : son industrie lui procure tout le reste; et ce reste pa-raîtra bien important, s’il l’on considère qu’il compose tout ce qu’une na-tion civilisée possède de plus qu’une peuplade de sauvages. La nature donnegratuitement au sauvage l’air, la lumière, et tout ce qu’elle nous donne ànous-mêmes en pur don. Ce que nous possédons de plus, ce que le sau-vage lui-même possède de plus, est, par conséquent, de création humaine;et, à quelque degré de civilisation que la société soit parvenue, il faut
' J’aurais dit à noire dissection, si le corps social n’était pas un corps vivant,dont nous devons étudier les organes en action.