TABLEAU GÉNÉRAL. - ORGANES ESSENTIELS.
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droit. Quand il serait possible de se les faire payer, une telle prétentionblesserait l’équité naturelle : ce serait faire payer ce qui ne coûte rien '. Iln’en est pas de même des biens que nul homme ne peut acquérir qu’aumoyen d’un sacrifice, d’un travail ou d’un produit, fruit d’un sacrifice, d’untravail antérieur. Quiconque voudrait acquérir cette espèce de biens sansdonner un équivalent à leur possesseur, blesserait à son tour l’équité na-turelle ; il commettrait une spoliation. De là, pour les acquérir quand onne les produit pas, la nécessité de l’échange; de là l’existence de deuxsortes de biens, de richesses; les unes, communes à tous : les richessesnaturelles ; et les autres, propriétés exclusives : les richesses sociales, lesseules auxquelles le vulgaire donne le nom de richesse par excellence.
Ces dernières sont proportionnées à leur valeur échangeable , c’est-à-dire à la quantité de tout autre bien qu’il est possible d’obtenir en les of-frant en échange. Mais ce mot valeur a donné lieu a bien des controversesvenues, comme à l’ordinaire, faute de s’entendre. Les uns ont pris le motdans une de ses acceptions ; les autres dans une autre. En effet, il a deuxsens différents. Tantôt il signifie le mérite qui est dans une chose en vertudes services qu’elle* peut nous rendre ; et alors on ne considère point sa va-leur échangeable. Tantôt on exprime par le mol valeur la qualité de pou-voir nous procurer, par la voie de l’échange, un autre objet d’égale valeur.Dans ce dernier sens, la valeur n’est une indication qu’avec les restrictionsqui naissent de la nature même des valeurs : dans cette acception, et lors-qu’il est question d’échanges, elles sont toujours variables et relatives. Eud’autres mots, la valeur d’échange n’est une mesure des richesses qu’à uneépoque donnée, et en supposant toutes les circonstances égales d’ailleurs.
Telles sont les richesses qui président à toutes les transactions sociales.Elles se rattachent aux intérêts des individus dans leurs rapports entreeux; à leurs intérêts par rapport à l’État; aux intérêts de l’État par rap-port aux particuliers; et même, considérant les nations comme des indi-vidus ayant des intérêts séparés, elles se rattachent aux intérêts que lesÉtats ont à débattre ensemble; c’est ainsi que l’économie politique se mêle,non-seulement à la politique intérieure, mais au droit international * 2 .
' Les terres cultivables forment une exception ; car elles sont à la fois donnéesgratuitement à tous les hommes, et leur propriété réservée seulement pourquelques-uns. On verra plus tard que c’est l’unique moyen pour que tous leshommes puissent prendre part à leurs produits.
2 Les richesses sociales données gratuitement à des individus ou à des réu-