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Tome II.
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NEUVIÈME PARTIE.

L’économie politique prouve avec la dernière évidence que la monnaieest une marchandise de môme nature que toutes les autres ; une mar-chandise qui lire sa valeur de ses usages et non des lois. En effet, danstout échange où la monnaie entre comme l’un des termes du contrat, levendeur ne peut-il pas refuser sa marchandise si le prix ne lui convientpas? et la valeur d’une chose, de la monnaie dans ce cas-ci, n’esl-clle pasproportionnée à la quantité du produit qu’elle peut obtenir? Combien defausses mesures et de mauvaises lois peut prévenir une seule questionbien posée '.

La nature et l'office des monnaies bien connus, beaucoup d’erreurstombent d’elles-mêmes, une foule de notions fausses ou imparfaitemententrevues s’éclaircissent; on sépare dès-lors complètement les fonctionsde la monnaie de celles des capitaux ; ou voit comment l’abondance ou larareté du numéraire, qui influent sur sa valeur propre (celle qui se ma-nifeste par l’échange), ne sont d’aucun effet sur ce qu’on nomme si impro-prement l’intérêt de l'argent; on demeure convaincu que l’intérêt est leloyer d’un capital, et que les valeurs capitales consistent en des valeurstout autres que les valeurs monétaires, et sont bien plus considérables

Les mêmes principes font comprendre l’espèce d’influence qu’exercesur la valeur des monnaies la matière dont elles sont faites. Les richesseset les besoins de la société portent à un certain taux la valeur du produitappelé une once d'argent , valeur déterminée par la quantité de tout autreproduit que l’on consent à donner pour obtenir celui-là. Le possesseur decelte once d’argent, quelque nom qu’on ait jugé à propos de lui donneren la frappant en monnaie, ne peut sans perle la donner au-dessous de cetaux*. Mais, quand la matière dont la monnaie est faite est de nulle valeur

' Si l’abondance de l’argent-métal influait sur le taux de l’intérêt, il serait plusbas au Pérou que partout ailleurs, car nulle part l’argent n’est si abondant et savaleur relative moindre. Le taux de l’intérêt s’y trouve au contraire fort élevé.On comprend qu’il n’est point ici question des phénomènes qui dépendent del’usage des billets de banque et des papiers-monnaies.

5 A un taux déterminé, la société ne peut obtenir qu’une certaine quantitéd’onces d’argent; celle dont ce taux permet de payer les frais de production dece produit. Pour que la société obtienne une plus grande quantité d’argent, ilfaut que l’état de ses productions et de ses besoins la mette dans le cas de payerl’argent à un taux plus élevé (c’est-à-dire de donner une plus grande quantité detout autre produit pour l’avoir); alors son prix permet d’exploiter des mines plus