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Tome II.
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TABLEAU GÉNÉRAL. — ORGANES ESSENTIELS.

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Ce désir qu’éprouvent les hommes d’accroître leur bien-être futur, surlequel se fonde la prospérité progressive des nations, est bien nécessairepour balancer les sollicitations du présent ; d’autant plus que la consom-mation stérile ne présente aucune'difficulté. Il ne faut aucun talent pourdépenser de l’argent, et il en faut beaucoup pour le dépenser d’une ma-nière qui en fasse renaître la valeur, sans compter que l’exercice même dece talent est un travail. L’impulsion de chaque moment nous excite à laconsommation improductive, et les êtres les plus faibles, les femmes, lesenfants, s’y laissent aisément entraîner. Mais elle n’offre à la société ou auxfamilles d’autres dédommagements que la satisfaction actuelle qu’elle pro-cure, et dont l’économie politique est loin pourtant de contester l’impor-tance, puisque c’est elle qui entretient la société cl contribue à son bonheur.

Cette seule analyse fait tomber complètement la question de l’utilité duluxe.

Dans le cours ordinaire des choses, tout produit se consomme; car iln’est un produit qu’au tant que sa valeur égale ses frais de production ; savaleur ne provient que de la demande qu’on en fait, de la demande réelleaccompagnée de l’achat; et l’achat serait une perte s’il n’était suivi de laconsommation. Ce n’est donc que par accident, par de faux calculs, pardes exceptions en un mot, que la production peut être en excès sur laconsommation.

Nous nous sommes représenté la production comme un grand échangedans lequel nous donnons nos services productifs, ou, si l’on veut, nos fraisde production, pour recevoir des produits qui deviennent par là notrebien ; nous pouvons nous représenter à son tour la consommation commeun autre échange dans lequel nous donnons nos produits, notre bien,pour recevoir en retour, soit d’autres produits accrus par des profits, soitdes satisfactions d’où résultent le maintien de la vie et la plupart desjouissances dont elle est accompagnée.

Dans le premier cas, qui est celui de la consommation reproductive,l’échange est d’autant plus avantageux que le produit qu’on obtient vautplus que ceux qu’on sacrifie ; mais pour que la reproduction soit complète,il suffit que le produit obtenu soit égal en valeur au produit consommé; dèslors, le capital est remboursé et tous les services productifs sont acquittés.

Dans la consommation stérile, qui est un échange des produits déjàacquis contre des jouissances, l’échange esj, d’autant plus avantageux, queles jouissances obtenues sont plus grandes en proportion des produitssacrifiés. C’est d’après cette règle que les consommations de ce genre