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NEUVIÈME PARTIE.
doivent être considérées comme bien ou mal entendues. L’économie po-litique les distingue en consommations privées, qui ont pour objet de sa-tisfaire aux besoins des individus et des familles, et en consommationspubliques, qui satisfont aux besoins de la société.
Les préceptes de l’économie privée s’appliquent aux premières; ceuxde l’économie publique aux secondes. Dans les unes, de même que dansles autres, comme l’achat des objets consommés précède ordinairementla consommation qu’on en fait, ce dernier mot est souvent confondu aveccelui de dépense.
Les dépenses publiques et les dépenses privées sont exactement demême nature, car la nature des richesses est la môme pour les nations etpour les particuliers. Les lois qui président à leur formation et à leur con-sommation ne diffèrent pas suivant l’usage qu’on en fait, de même que lesprincipes de l’hydrostatique ne changent pas, soit qu’on les applique à destravaux publics ou bien à des constructions particulières. Mais nous nepouvons pas fonder l’appréciation des dépenses sur des bases aussi sûresque celles qui nous déterminent dans l’appréciation des consommationsreproductives. Dans ces dernières, nous avons à comparer des quantitésde même nature, c’est-à-dirc le prix courant des services productifs avecle prix courant des produits qui en résultent ; mais, dans la consommationstérile, nous ne pouvons comparer une dépense qu’avec une satisfaction.D y a nécessairement quelque chose de vague et d’arbitraire dans unesemblable appréciation. La nature des choses qui rend notre marche sisûre dans toutes les autres parties de l’économie politique, nous abandonneici aux seuls conseils de l’expérience; mais ce n’est point un motif suffisantpour que nous renoncions à étudier cette partie de l’économie des sociétés :toutes les parties des sciences ne sont pas susceptibles du même degré deprécision ; il est utile à l’avancement de nos connaissances de savoirdistinguer ce qui est susceptible ou non de démonstrations rigoureuses,et c’est une partie essentielle de la science d’en connaître les limites.
Ainsi, malgré la difficulté que présente une exacte comparaison entrele montant des dépenses et les satisfactions qui en résultent, soit pour lesparticuliers, soit pour le public, on ne saurait nier qu’elles s’éloignent ous’approchent plus ou moins de leur but. Les phénomènes qui accompagnentla consommation n’arrivent pas par hasard, non plus que ceux de la pro-duction. Il y a encore ici des lois qui veulent que les mêmes causes, daisdes circonstances pareilles, soient suivies des mêmes effets. On en peutdéduire quelques règles pour provoquer des résultats favorables à nofe