LIVRE PREMIER.
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CHAPITRE III.
DU TEMPS ET DE SA MESURE.
Le temps est pour nous l’impression que laisse dans la mémoireune suite d’événements dont nous sommes certains que l’existencea été successive. Le mouvement est propre à lui servir de mesure;car un corps ne pouvant pas être dans plusieurs lieux à la fois, ilne parvient d’un endroit à un autre qu’en passant successive-ment par tohis les lieux intermédiaires. Si, à chaque point de laligne qu’il décrit, il est animé de la même force, son mouvementest uniforme, et les parties de cette ligne peuvent mesurer letemps employé à les parcourir. Quand un pendule, à la fin dechaque oscillation, se retrouve dans des circonstances parfaite-ment semblables, les durées de ces oscillations sont les mêmes,et le temps peut se mesurer par leur nombre. On peut aussiemployer à cette mesure les révolutions de la sphère céleste, danslesquelles tout paraît égal; mais on est unanimement convenu delaire usage, pour cet objet, du mouvement du soleil, dont lesretours au méridien et au même équinoxe, ou au même solstice,forment les jours et les années.
Dans la vie civile, le jour est l’intervalle de temps qui s’écouledepuis le lever jusqu’au coucher du soleil; la nuit est le tempspendant lequel le soleil reste au-dessous de l’horizon. Le jour astro-nomique embrasse toute la durée de la révolution diurne : c’estle temps compris entre deux midis ou entre deux minuits consé-cutifs. Il surpasse la durée d’une révolution du ciel, qui forme lejour sidéral; car si le soleil traverse le méridien au même instantqu une étoile, le jour suivant il y reviendra plus tard en vertu