LIVRE PREMIER.
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quelles sont plus élevées, ces rayons, en y pénétrant, s’inflé-chissent de plus en plus, et décrivent une courbe concave vers sasurface. Un observateur placé sur la lune ne cesserait donc devoir un astre que lorsqu’il serait placé au-dessous de son horizon,d’un angle que l’on nomme réfraction horizontale. Les rayons éma-nés de cet astre vu à l’horizon, après avoir rasé la surface de lalune, continuent leur route en décrivant une courbe semblable àcelle par laquelle ils y sont parvenus. Ainsi un second observateurplacé derrière la lune, relativement à l’astre, l’apercevrait encore,en vertu de l’inflexion de ses rayons dans l’atmosphère lunaire.Le diamètre de la lune n’est point sensiblement augmenté par laréfraction de son atmosphère; une étoile éclipsée par cet astrel’est donc plus tard que si cette asmosphère n’existait point, et parla même raison elle cesse plus tôt d’être éclipsée; en sorte quel’influence de l’atmosphère lunaire est principalement sensiblesur la durée des éclipses du soleil et des étoiles par la lune. Desobservations précises et multipliées ont fait à peine soupçonnercette influence; et l’on s’est assuré qu’à la surface de la lune laréfraction horizontale n’excède pas cinq secondes. Cette réfractionsur la terre est au moins mille fois plus grande : l’atmosphèrelunaire, si elle existe, est donc d’une rareté extrême et supérieureà celle du vide que nous formons dans nos meilleures machinespneumatiques. De Là nous devons conclure qu’aucun des animauxterrestres ne pourrait respirer et vivre sur la lune, et que si elleest habitée, ce ne peut être que par des animaux d’une autreespèce. Il y a lieu de penser que tout est solide à sa surface, carles grands télescopes nous la présentent comme une masse aridesur laquelle on a cru remarquer les eflèts et même l’explosion desvolcans.
Bouguer a trouvé, par l’expérience, que la lumière de la pleinelune est environ trois cent mille fois plus faible que celle dusoleil : c’est la raison pour laquelle cette lumière rassemblée au