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Tome sixième.
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LIVRE TROISIÈME.

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CHAPITRE II.

DU MOUVEMENT D’UN POINT MATERIEL.

Un point en repos ne peut se donner aucun mouvement puis-qu’il ne renferme pas en soi de raison pour se mouvoir dans unsens plutôt que dans un autre. Lorsqu’il est sollicité par une forcequelconque et ensuite abandonné à lui-même, il se meut cons-tamment d’une manière uniforme dans la direction de cette forces’il n’éprouve aucune résistance, c’est-à-dire, qu’à chaque instantsa force et la direction de son mouvement sont les mêmes. Celtetendance de la matière à persévérer dans son état de mouvementou de repos est ce que l’on nomme inertie : c’est la première loidu mouvement des corps.

La direction du mouvement en ligne droite suit évidemmentde ce qu’il n’y a aucune raison pour que le point s’écarte plutôtà droite qu’à gauche de sa direction primitive; mais l’uniformitéde son mouvement n’est pas de la même évidence. La nature dela lorce motrice étant inconnue, il est impossible de savoir, à priori,si cette force doit se conserver sans cesse. A la vérité, un corpsétant incapable de se donner aucun mouvement, il paraît égale-ment incapable d’altérer celui qu’il a reçu; en sorte que la loid’inertie est au moins la plus naturelle et la plus simple que l’onpuisse imaginer. Elle est d’ailleurs confirmée par l’expérience : eneffet, nous observons, sur la terre, que les mouvements se perpé-tuent plus longtemps, à mesure que les obstacles qui s’y opposentviennent à diminuer; ce qui nous porte à croire que sans cesobstacles ils dureraient toujours. Mais l’inertie de la matière estprincipalement remarquable dans les mouvements célestes qui,