178
EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.
au lieu des deux systèmes, on aura deux points qui se ferontéquilibre avec des vitesses contraires, dont l’une sera le produitde la vitesse du premier système par le nombre de ses points, etdont l’autre sera le produit de la vitesse des points du secondsystème par leur nombre ; ces produits doivent donc être égauxdans le cas de l’équilibre.
La masse d’un corps est la somme de ses points matériels.On nomme quantité de mouvement, le produit de la masse par lavitesse : c’est aussi ce que l’on entend par la force d’un corps. Pourl’équilibre de deux corps ou de deux systèmes de points matérielsqui se choquent en sens contraires, les quantités de mouvementou les forces opposées doivent être égales, et, par conséquent,les vitesses doivent être réciproques aux masses.
Deux points matériels ne peuvent évidemment agir l’un surl’autre que suivant la droite qui les joint : l’action que le premierexerce sur le second lui communique une certaine quantité demouvement; or on peut avant l’action concevoir le second corpssollicité par cette quantité et par une autre égale et directementopposée; l’action du premier corps se réduit ainsi à détruire cettedernière quantité de mouvement; mais pour cela, il doit employerune quantité de mouvement égale et contraire, qui sera détruite.On voit donc généralement que, dans l’action mutuelle des corps,la réaction est toujours égale et contraire à l’action. On voit en-core que cette égalité ne suppose point une force particulièredans la matière : elle résulte de ce qu’un corps ne peut acquérirde mouvement, par l’action d’un autre corps, sans l’en dépouiller;de même qu’un vase se remplit aux dépens d’un vase plein quicommunique avec lui.
L’égalité de l’action à la réaction se manifeste dans toutes lesactions de la nature : le fer attire l’aimant comme il en est attiré :on observe la même chose dans les attractions et dans les répul-sions électriques, et même dans le développement des forces ani-