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EXPOSITION DU SYSTEME DU MONDE.
CHAPITRE II.
DES PERTURBATIONS DU MOUVEMENT ELLIPTIQUE DES PLANETES.
Si les planètes n’obéissaient qu’à l’action du soleil, elles décri-raient autour de lui des orbes elliptiques. Mais elles agissent lesunes sur les autres : elles agissent également sur le soleil; et deces attractions diverses il résulte, dans leurs mouvements ellip-tiques, des perturbations que les observations font entrevoir, etqu’il est nécessaire de déterminer, pour avoir des tables exactesdes mouvements planétaires. La solution rigoureuse de ce pro-blème surpasse les moyens actuels de l’analyse, et nous sommesforcés de recourir aux approximations. Heureusement la petitessedes masses des planètes, eu égard à celle du soleil, et le peud’excentricité et d’inclinaison mutuelle de la plupart de leursorbites, donnent de grandes facilités pour cet objet. Néanmoins,il reste encore très-compliqué, et l’analyse la plus délicate et laplus épineuse est indispensable pour démêler, dans le nombreinfini des inégalités auxquelles les planètes sont assujetties, cellesqui sont sensibles, et pour assigner leurs valeurs.
Les perturbations du mouvement elliptique des planètes peu-vent être partagées en deux classes très-distinctes; les unes affectentles éléments du mouvement elliptique, et croissent avec une ex-trême lenteur : on les a nommées inégalités séculaires. Les autresdépendent de la configuration des planètes, soit entre elles, soità l’égard de leurs nœuds et de leurs périhélies, et se rétablissenttoutes les fois que ces configurations redeviennent les mêmes;elles ont été nommées inégalités périodiques, pour les distinguer desinégalités séculaires, qui sont également périodiques, mais dont