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LIVRE QUATRIÈME.
mènes, déduites des seules observations par Halley et Lambert,soient, à très-peu près, celles qui résultent des deux grandes iné-galités dont je viens de parler. Si l’astronomie eût été renouveléequatre siècles et demi plus tard, les observations auraient pré-senté des phénomènes contraires ; les moyens mouvements cpiel’astronomie d’un peuple assigne à Jupiter et à Saturne peuventdonc nous éclairer sur le temps où elle a été fondée. On trouveainsi que les Indiens ont déterminé les moyens mouvements deces planètes, dans la partie de la période des inégalités précé-dentes, où le moyen mouvement apparent de Saturne était leplus lent, et celui de Jupiter le plus rapide : deux de leurs prin-cipales époques, dont l’une remonte à l’an 3 102 avant l’ère chré-tienne, et dont l’autre se rapporte à l’an 1491, remplissent à peuprès cette condition.
Le rapport presque commensurable des mouvements de Jupiter et de Saturne donne naissance à d’autres inégalités très-sensibles.La plus considérable affecte le mouvement de Saturne : elle seconfondrait avec l’équation du centre, si cinq fois le moyen mou-vement de cette planète était exactement égal au double de celuide Jupiter . C’est elle principalement qui, dans le dernier siècle,a rendu les retours de Saturne à l’équinoxe du printemps plusprompts que ses retours à l’équinoxe d’automne. En général, lors-que j’eus reconnu ces diverses inégalités et déterminé, avec plusde soin qu’011 ne l’avait fait encore, celles que l’on avait déjà sou-mises au calcul, je vis tous les phénomènes observés dans le mou-vement de ces deux planètes s’adapter d’eux-mêmes à la théorie ;ils semblaient auparavant faire exception de la loi de la pesanteuruniverselle, et maintenant ils en sont une des preuves les plusfrappantes. Tel a été le sort de cette brillante découverte deNewton, que chaque difficulté qui s’est élevée a été pour elle lesujet d’un nouveau triomphe : ce qui est le plus sur caractère duvrai système delà nature. Les formules auxquelles je suis parvenu