LIVRE QUATRIÈME. 233
deux siècles suivants, elle parcourra les signes de l’Ecrevisse , desPoissons et du Scorpion , pour recommencer après dans le signed’Ariès. De là se compose une grande année dont chaque saisona deux siècles. On attribuait une température différente à ces di-verses saisons ainsi qu’aux signes qui leur répondent; l’ensemblede ces trois signes se nommait tricjone : le premier trigone étaitcelui du feu; le second, celui de la terre; le troisième, celui del’air, et le quatrième, celui de l’eau. On conçoit que l’astrologiea dû faire un grand usage de ces trigones que Képler lui mêmea expliqués avec beaucoup de détail dans plusieurs ouvrages. Maisil est remarquable que la saine astronomie, en faisant disparaîtrecette influence imaginaire du rapport qu’ont entre eux les moyensmouvements de Jupiter et de Saturne , ait reconnu dans ce rap-port la source des grandes perturbations du système planétaire.
La planète Uranus , quoique récemment découverte, offre déjàdes indices incontestables des perturbations qu elle éprouve de lapart de Jupiter et de Saturne . Les lois du mouvement elliptiquene satisfont point exactement à ses positions observées, et, pourles représenter, il faut avoir égard à ses perturbations. Leur théo-rie, par un accord singulier, la place dans les années 1 769, 1 766et 1690, aux mêmes points du ciel où Le Monnier, Mayer et Flams-teed avaient déterminé la position de trois petites étoiles que l’onne retrouve plus aujourd’hui, ce qui ne laisse aucun doute surl’identité de ces astres avec Uranus .
Les petites planètes que l’on vient de découvrir sont assujettiesà de très-grandes inégalités qui répandront un nouveau jour surla théorie des attractions célestes et donneront lieu de la perfec-tionner; mais il n’a pas encore été possible de reconnaître cesinégalités par les observations. Il n’y a pas trois siècles que Copernic introduisit le premier, dans les tables astronomiques, le mouve-ment des planètes autour du soleil. Environ un siècle après, Képler y fit entrer les lois du mouvement elliptique, qu’il avait trouvées
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