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EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.
sont deux éclipses de soleil et une éclipse de lune, observées auCaire par Ebn-Iounis, vers la fin du x e siècle, et depuis long-temps extraites d’un manuscrit de cet astronome, existant dans labibliothèque de Leyde . On avait élevé des doutes sur la réalitéde ces éclipses ; mais la traduction que Caussin vient de faire dela partie de ce précieux manuscrit qui renferme les observations,a dissipé ces doutes; de plus, elle nous a fait connaître vingt-cinqautres éclipses observées parles Arabes , et qui confirment l’accé-lération du moyen mouvement de la lune. Il suffit, d’ailleurs, pourl’établir, de comparer les observations modernes à celles des Grecset des Chaldéens. En effet, Delambre, Bouvard et Burg ayantdéterminé, au moyen d’un grand nombre d’observations des deuxsiècles précédents, le mouvement séculaire actuel, avec une pré-cision qui ne laisse qu’une très-légère incertitude, ils font trouvéde six ou sept cents secondes plus grand que par les observationsmodernes comparées aux anciennes; le mouvement lunaire s’estdonc accéléré depuis les Chaldéens ; et les observations arabesfaites dans l’intervalle qui nous en sépare venant à l’appui de cerésultat, il est impossible de le révoquer en doute.
Maintenant, quelle est la cause de ce phénomène? La gravita-tion universelle qui nous a fait si bien connaître les nombreusesinégalités de la lune rend-elle également raison de son inégalitéséculaire? Ces questions sont d’autant plus intéressantes à ré-soudre, que, si l’on y parvient, on aura la loi des variations sécu-laires du mouvement de la lune; car on sent que l’hypothèse d’uneaccélération proportionnelle au temps, admise par les astro-nomes, n’est qu’approchée et ne doit pas s’étendre à un tempsillimité.
Cet objet a beaucoup exercé les géomètres; mais leurs recher-ches, pendant longtemps infructueuses, n’ayant fait découvrir,soit dans l’action du soleil et des planètes sur la lune, soit dansles figures non sphériques de ce satellite et de la terre, rien qui