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Tome sixième.
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3U EXPOSITION DU SYSTEME DU MONDE.

terminer ainsi : concevons un cercle vertical dont la circonférencereprésente un demi-jour et dont le diamètre soit égal à la maréetotale, c’est-à-dire, à la différence des hauteurs de la pleine et dela basse mer; supposons que les arcs de cette circonférence, àpartir du point le plus bas, expriment les temps écoulés depuisla basse mer; les sinus verses de ces arcs seront les hauteurs dela mer qui correspondent à ces temps : ainsi la mer, en s’élevant,baigne, en temps égal, des arcs égaux de cette circonférence.

Plus une mer est vaste, plus les phénomènes des marées doiventêtre sensibles. Dans une masse fluide, les impressions que reçoitchaque molécule se communiquent à la masse entière : c’est parlà que l’action du soleil, qui est insensible sur une molécule iso-lée, produit sur l’Océan des effets remarquables. Imaginons uncanal courbé sur le fond de la mer et terminé à l’une de ses ex-trémités par un tube vertical, qui s’élève au-dessus de sa surfaceet dont le prolongement passe par le centre du soleil. L’eau s’élè-vera dans ce tube, par l’action directe de l’astre qui diminue lapesanteur de ses molécules, et surtout par la pression des molé-cules renfermées dans le canal, et qui toutes font un effort pourse réunir au-dessous du soleil. L’élévation de l’eau dans le tube,au-dessus du niveau naturel de la mer, est l’intégrale de ces effortsinfiniment petits: si la longueur du canal augmente, cette inté-grale sera plus grande, parce qu’elle s’étendra sur un plus longespace, et parce qu’il y aura plus de différence dans la directionet dans la quantité des forces dont les molécules extrêmes serontanimées. On voit, par cet exemple, l’influence de l’étendue desmers sur les phénomènes des marées, et la raison pour laquellele flux et le reflux sont insensibles dans les petites mers, tellesque la mer Noire et la mer Caspienne .

La grandeur des marées dépend beaucoup des circonstanceslocales : les ondulations de la mer, resserrées dans un détroit,peuvent devenu' fort grandes; la réflexion des eaux, par les côtes