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LIVRE QUATRIÈME.
opposées, peut les augmenter encore. C’est ainsi que les marées,généralement fort petites dans les îles de la mer du Sud, sonttrès-considérables dans nos ports.
Si l’Océan recouvrait un sphéroïde de révolution , et s’il n’é-prouvait, dans ses mouvements, aucune résistance, l’instant dela pleine mer serait celui du passage du soleil au méridien supé-rieur ou inférieur; mais il n’en est pas ainsi dans la nature, etles circonstances locales font varier considérablement l’heure desmarées, dans des ports même fort voisins. Pour avoir une justeidée de ces variétés, imaginons un large canal communiquantavec la mer, et s’avançant fort loin dans les terres : il est visibleque les ondulations qui ont lieu à son embouchure se propage-ront successivement dans toute sa longueur, en sorte que la figurede sa surface sera formée d’une suite de grandes ondes en mou-vement, qui se renouvelleront sans cesse et qui parcourront leurlongueur dans l’intervalle d’un demi-jour. Ces ondes produiront,à chaque point du canal, un flux et un reflux qui suivront leslois précédentes; mais les heures du flux retarderont à mesureque les points seront plus éloignés de l’embouchure. Ce que nousdisons d’un canal peut s’appliquer aux fleuves, dont la surfaces’élève et s’abaisse par des ondes semblables, malgré le mouve-ment contraire de leurs eaux. On observe ces ondes dans toutesles rivières près de leur embouchure : elles se propagent fort loindans les grands fleuves; et au détroit de Pauxis, dans la rivièredes Amazones, à quatre-vingts myriamètres de la mer, elles sontencore sensibles.
L’action de la lune sur la mer y produit un ellipsoïde semblableà celui que produit l’action du soleil; mais il est plus allongé,parce que l’action lunaire est plus puissante. Le peu d’excentri-cité de ces ellipsoïdes permet de les concevoir superposés 1 un àl’autre, en sorte que le rayon de la surface de la mer soit la demi-somme des rayons correspondants de leurs surfaces.
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