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EXPOSITION DU SYSTEME DU MONDE.
CHAPITRE XIII.
Tout est lié dans la nature, et ses lois générales enchaînent lesuns aux autres les phénomènes qui semblent le plus disparates;ainsi, la rotation du sphéroïde terrestre l’aplatit à ses pôles ; et cetaplatissement, combiné avec l’action du soleil et de la lune, donnenaissance à la précession des équinoxes qui, avant la découvertede la pesanteur universelle, ne paraissait avoir aucun rapport aumouvement diurne de la terre.
Imaginons que cette planète soit un sphéroïde homogène renfléà son équateur; on peut alors la considérer comme étant forméed’une sphère d’un diamètre égal à l’axe des pôles, et d’un mé-nisque qui recouvre cette sphère, et dont la plus grande épaisseurest à l’équateur du sphéroïde. Les molécules de ce ménisque peu-vent être regardées comme autant de petites lunes adhérentesentre elles, et faisant leurs révolutions dans un temps égal à celuide la rotation de la terre; les nœuds de toutes leurs orbites doi-vent donc rétrograder par l’action du soleil, comme les nœudsde l’orbe lunaire; et de ces mouvements rétrogrades il doit secomposer, en vertu de la liaison de tous ces corps, un mouve-ment dans le ménisque qui fait rétrograder ses points d’intersec-tion avec l’écliptique : mais ce ménisque adhérant à la sphèrequ’il recouvre, partage avec elle son mouvement rétrograde, quipar là est considérablement ralenti; l’intersection de l’équateuravec l’écliptique, c’est-à-dire les équinoxes, doivent donc, par