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EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.
lune. Il détermina, par la comparaison d’éclipses choisies dansles circonstances les plus favorables, les durées de ses révolutionsrelativement aux étoiles, au soleil, à ses nœuds et à son apogée.Il trouva qu’un intervalle de 126007^ ^ renfermait 4267 moisentiers, 4573 retours d’anomalie, 4612 révolutions sidérales dela lune moins ^ de la circonférence. Il trouva, de plus, qu’en5458 mois la lune revenait 5g2 3 fois au même nœud de sonorbite. Ce résultat, fruit d’un travail immense sur un très-grandnombre d’observations dont il ne nous reste qu’une très-petitepartie, est peut-être le monument le plus précieux de l’ancienneastronomie, par son exactitude, et parce qu’il représente, à cetteépoque, la durée, sans cesse variable, de ces révolutions. Hip-parque détermina encore l’excentricité de l’orbe lunaire et soninclinaison à l’écliptique; et il les trouva les mêmes, à très-peuprès, que celles qui ont lieu maintenant dans les éclipses, où l’onsait que l’un et l’autre de ces éléments sont diminués par l’évectionet par l’inégalité principale du mouvement de la lune en latitude.La constance de l’inclinaison de l’orbe lunaire au plan de l’éclip-tique, malgré les variations que ce plan éprouve par rapport auxétoiles, et qui, par les observations anciennes, sont sensibles surson obliquité à l’équateur, est un résultat de la pesanteur univer-selle , que les observations d’Hipparque confirment 1 . Enfin il
1 Kepler a remarqué cette constance à la fin de son Epitome de l’astronomie coperni-cienne; mais il la fonde sur une considération très-singulière. «Il convient, dit-il, que la* lune, planète secondaire et satellite de la terre, ait une inclinaison constante sur l’orbe ter-«restre, quelques variations que ce plan éprouve dans sa position relative aux étoiles; et« si les observations anciennes sur les plus grandes latitudes de la lune et sur l’obliquité«de 1 écliptique se refusaient à cette hypothèse, il faudrait, plutôt que de la rejeter, les« révoquer en doute. » Ici les raisons de convenance et d’harmonie ont conduit Képler àun résultat juste; mais combien de fois ne font-elles pas égaré? En se livrant ainsi à sonimagination et à l’esprit de conjectures, on peut rencontrer la vérité par un heureux hasard ;mais 1 impossibilité de la reconnaître au milieu des erreurs dont elle est presque toujoursaccompagnée laisse tout le mérite de sa découverte à celui qui l’établit solidement parl'observation et par le calcul, les seules bases des connaissances humaines.