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Tome sixième.
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LIVRE CINQUIÈME. 445

lois de la nature ne nous permet donc d’observer et de connaîtreque des rapports 1 .

La loi de l’attraction donne aux corps célestes la propriété des’attirer, à très-peu près* comme si leurs niasses étaient réunies aleurs centres de gravité : elle donne encore à leurs surfaces et auxorbes qu’ils décrivent, la forme elliptique, la plus simple après lesformes sphérique et circulaire, que l’antiquité jugea essentiellesaux astres et à leurs mouvements.

L’attraction se communique-t-elle dans un instant, d’un corpsà l’autre ? La durée de sa transmission, si elle était sensible pournous, se manifesterait principalement par une accélération sécu-laire dans le mouvement de la lune. J’avais proposé ce moyend’expliquer l’accélération que l’on observe dans ce mouvement;et je trouvais que pour satisfaire aux observations il fallait attri-buer à la force attractive une vitesse sept millions de fois plusgrande que celle d’un rayon lumineux. La cause de l’équationséculaire de la lune étant aujourd’hui bien connue, nous pou-vons affirmer que l’attraction se transmet cinquante millions defois, au moins, plus promptement que la lumière. On peut donc,sans craindre aucune erreur sensible, considérer sa transmissioncomme instantanée.

L’attraction peut encore faire naître et entretenir sans cesse lemouvement dans un système de corps primitivement en repos;car il n’est pas vrai de dire, avec plusieurs philosophes, qu’elle

1 Les tentatives des géomètres, pour démontrer le postulatum d’Euclide sur les parallèles,ont été jusqu’à présent inutiles. Cependant personne ne révoque en doute ce postulatum, etles théorèmes qu’Euclide en a déduits. La perception de l’étendue renferme donc une pro-priété spéciale, évidente par elle-même, et sur laquelle on ne peut rigoureusement établirles propriétés des parallèles. L’idée d’une étendue limitée, par exemple du cercle, ne contientrien qui dépende de sa grandeur absolue. Mais, si nous diminuons par la pensée son rayon,nous sommes portés invinciblement à diminuer, dans le même rapport, sa circonférence etles côtés de toutes les ligures inscrites. Cette proportionnalité me parait être un postulatumbien plus naturel que celui d’Euclide ; il est curieux de la retrouver dans les résultats de lapesanteur universelle.