Band 
Tome sixième.
Seite
452
JPEG-Download
 

452

EXPOSITION DE SYSTEME DI MONDE.

sont qu’un simple résultat du mouvement de rotation et de lapesanteur universelle. Par sa rotation, la terre a été aplatie, et sonaxe de révolution est devenu lun de ses axes principaux; ce quirend invariables les climats et la durée du jour. En vertu de lapesanteur, les couches terrestres les plus denses se sont rappro-chées du centre de la terre, dont la moyenne densité surpasseainsi celle des eaux qui la recouvrent; ce qui suffit pour assurerla stabilité de l’équilibre des mers, et pour mettre un frein à lafureur des fots. Ces phénomènes et quelques autres semblablementexpliqués autorisent à penser que tous dépendent de ces loispar des rapports plus ou moins cachés, mais dont il est plus saged avouer 1 ignorance, que d’y substituer des causes imaginées parle seul besoin de calmer notre inquiétude sur l’origine des chosesqui nous intéressent.

Je ne puis m’empêcher ici d’observer combien Newton s’estécarté sur ce point, de la méthode dont il a fait, d’ailleurs, de siheureuses applications. Depuis la publication de ses découvertessur le système du monde et sur la lumière, ce grand géomètre,livré à des spéculations d’un autre genre, rechercha par quelsmotifs l’auteur de la nature a donné au système solaire la consti-tution dont nous avons parlé. Après avoir exposé dans le scholiequi termine l’ouvrage des Principes ', le phénomène singulier dumouvement des planètes et des satellites, dans le même sens, à peuprès dans un même plan, et dans des orbes presque circulaires, ilajoute : « Tous ces mouvements si réguliers n’ont point de causes« mécaniques, puisque les comètes se meuvent dans toutes les

« parties du ciel et dans des orbes lort excentriques.Cet admi-

u rabie arrangement du soleil, des planètes et des comètes, ne peut« être que l’ouvrage d’un être intelligent et tout-puissant. « 11 repro-

1 Ce scholie ne se trouve point dans la première édition de l'ouvrage. 11 paraît queNewton, jusqu’alors, s’était uniquement livré aux sciences mathématiques qu’il a, malheu-reusement pour elles et pour sa gloire, trop tôt abandonnées.