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EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.
antérieur de nébulosité, précédé lui-même par d’autres états dans les-quels la matière nébuleuse était de plus en plus diffuse, le noyau étantde moins en moins lumineux. On arrive ainsi, en remontant aussi loinqu’il est possible, à une nébulosité tellement diffuse que l’on pourrait àpeine en soupçonner l’existence.
Depuis longtemps la disposition particulière de quelques étoiles visiblesà la \ ue simple a frappé des observateurs philosophes. Mitchel a déjàremarqué combien il est peu probable que les étoiles des Pléiades, parexemple, aient été resserrées, dans l’espace étroit qui les renferme, parles seules chances du hasard, et il en a conclu que ce groupe d’étoileset les groupes semblables que le ciel nous présente sont les effets d’unecause primitive ou d’une loi générale de la nature. Ces groupes sont unrésultat nécessaire de la condensation des nébuleuses à plusieurs noyaux;car il est visible que la matière nébuleuse étant sans cesse attirée parces noyaux divers, ils doivent former à la longue un groupe d’étoilespareil à celui des Pléiades. La condensation des nébuleuses à deux noyauxlormera semblablement des étoiles très-rapprochées, tournant l’une au-tour de l’autre, telles que les étoiles doubles dont on a déjà reconnu lesmouvements respectifs.
Mais comment l’atmosphère solaire a-t-elle déterminé les mouvementsde rotation et de révolution des planètes et des satellites? Si ces corpsavaient pénétré profondément dans cette atmosphère, sa résistance lesaurait fait tomber sur le soleil. On peut donc conjecturer que les planètesont été formées à ses limites successives par la condensation des zonesde vapeurs quelle a dù, en se refroidissant, abandonner dans le plande son équateur.
Rappelons les résultats que nous avons donnés dans le dixième cha-pitre du livre précédent. L’atmosphère du soleil ne peut pas s’étendreindéfiniment ; sa limite est le point où la force centrifuge due à sonmouvement de rotation balance la pesanteur; or, à mesure que le re-froidissement resserre l’atmosphère et condense à la surface de l’astreles molécules qui en sont voisines, le mouvement de rotation augmente;car, en vertu du principe des aires, la somme des aires décrites par lerayon vecteur de chaque molécule du soleil et de son atmosphère, et