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EXPOSITION Dli SYSTEME DL MONDE.
ou solide. Mais la régularité que cette formation exige dans toutes lesparties de l’anneau et dans leur refroidissement, a dû rendre ce phéno-mène extrêmement rare. Aussi le système solaire n’en offre-t-il qu’un seulexemple, celui des anneaux de Saturne . Presque toujours chaque anneaude vapeurs a du se rompre en plusieurs masses qui, mues avec des vitessestrès-peu différentes, ont continué de circuler à la même distance autourdu soleil. Ces masses ont dû prendre une forme sphéroïdique, avec unmouvement de rotation dirigé dans le sens de leur révolution, puisqueleurs molécules inférieures avaient moins de vitesse réelle que les supé-rieures; elles ont donc formé autant de planètes à l’état de vapeurs. Maissi l’une d’elles a été assez puissante pour réunir successivement, par sonattraction, toutes les autres autour de son centre, l’anneau de vapeursaura été ainsi transformé dans une seule masse sphéroïdique de vapeius,circulante autour du soleil, avec une rotation dirigée dans le sens de sarévolution. Ce dernier cas a été le plus commun : cependant le systèmesolaire nous offre le premier cas, dans les quatre petites planètes qui semeuvent entre Jupiter et Mars; à moins qu’on ne suppose, avecM. Ülhers,qu elles formaient primitivement une seule planète qu’une forte explosiona divisée en plusieurs parties animées de vitesses différentes.
Maintenant, si nous suivons les changements qu’un refroidissementultérieur a dû produire dans les planètes en vapeurs, dont nous venonsde concevoir la formation, nous verrons naitre, au centre de chacuned’elles, un noyau s’accroissant sans cesse, par la condensation de l’atmos-phère qui l’environne. Dans cet état, la planète ressemblait parfaitementau soleil et à l’état de nébuleuse où nous venons de le considérer ; lerefroidissement a donc du produire, aux diverses limites de son atmos-phère , des phénomènes semblables à ceux que nous avons décrits, c’est-à-dire des anneaux et des satellites circulant autour de son centre, dansle sens de son mouvement de rotation, et tournant dans le même senssur eux-mêmes. La distribution régulière de la masse des anneaux deSaturne , autour de son centre et dans le plan de son équateur, résultenaturellement de cette hypothèse, et sans elle devient inexplicable : cesanneaux me paraissent être des preuves toujours subsistantes de l’exten-sion primitive de l’atmosphère de Saturne et de ses retraites successives.