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EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.
hyperbole; il faut donc que les chances qui donnent une hyperbole sen-sible soient extrêmement rares par rapport aux chances contraires. Lescomètes sont si petites quelles ne deviennent visibles que lorsque leurdistance périhélie est peu considérable. Jusqu’à présent cette distancen’a surpassé que deux fois le diamètre de l’orbe terrestre, et, le plussouvent, elle a été au-dessous du rayon de cet orbe. On conçoit que pourapprocher si près du soleil, leur vitesse, au moment de leur entrée danssa sphère d’activité, doit avoir une grandeur et une direction comprisesdans d’étroites limites. En déterminant, par l’analyse des probabilités,le rapport des chances qui, dans ces limites, donnent une hyperbole sen-sible , aux chances qui donnent un orbe que l’on puisse confondre avecune parabole, j’ai trouvé qu’il y a six mille au moins à parier contrel’unité, qu’une nébuleuse qui pénètre dans la sphère d’activité du soleil,de manière à pouvoir être observée, décrira ou une ellipse très-allongée,ou une hyperbole qui, par la grandeur de son axe, se confondra sensi-blement avec une parabole, dans la partie que l’on observe : il n’est doncpas surprenant que jusqu’ici l’on n’ait point reconnu de mouvementshyperboliques.
L attraction des planètes, et peut-être encore la résistance des milieuxéthérés, a du changer plusieurs orbes cométaires, dans des ellipses dontle grand axe est beaucoup moindre que le rayon de la sphère d’activitédu soleil. On peut croire que ce changement a eu lieu pour l’orbe de lacomète de 1709, dont le grand axe ne surpasse que trente-cinq fois ladistance du soleil à la terre. Un changement plus grand encore est arrivéaux orbes des comètes de 1770 et de i8o5.
Si quelques comètes ont pénétré dans les atmosphères du soleil etdes planètes au temps de leur formation, elles ont dù, en décrivant desspirales, tomber sur ces corps, et, par leur chute, écarter les plans desorbes et des équateurs des planètes, du plan de l’équateur solaire.
Si, dans les zones abandonnées par l’atmosphère du soleil, il s’esttrouvé des molécules trop volatiles pour s’unir entre elles ou aux planètes,elles doivent, en continuant de circuler autour de cet astre, offrir toutesles apparences de la lumière zodiacale, sans opposer de résistance sen-sible aux divers corps du système planétaire, soit à cause de leur extrême