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EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.
à ma prière, n’ayant point fait reconnaître cette oscillation, la différencedont elle dépend doit être très-petite, ce qui indique, avec une extrêmevraisemblance, une cause spéciale qui d’abord a renfermé cette diffé-rence dans les limites fort resserrées où l’attraction de la planète a puétablir, entre les mouvements moyens de rotation et de révolution, uneégalité rigoureuse, et qui ensuite a fini par détruire l’oscillation quecette égalité a fait naître. L’un et l’autre de ces effets résultent de notrehypothèse, car on conçoit que la lune, à l’état de vapeurs, formait, parl’attraction puissante de la terre, un sphéroïde allongé, dont le grand axedevait être dirigé sans cesse vers cette planète par la facilité avec laquelleles vapeurs cèdent aux plus petites forces qui les animent. L’attractionterrestre, continuant d’agir de la même manière tant que la lune a étédans un état fluide, a du à la longue, en rapprochant sans cesse les deuxmouvements de ce satellite, faire tomber leur différence dans les limitesoù commence à s’établir leur égalité rigoureuse. Ensuite, cette attractiona dû anéantir peu à peu l’oscillation que cette égalité a produite dans legrand axe du sphéroïde dirigé vers la terre. C’est ainsi que les fluidesqui recouvrent cette planète ont détruit, par leur frottement et parleur résistance, les oscillations primitives de son axe de rotation, quimaintenant n’est plus assujetti qu’à la nutation résultante des actions dusoleil et de la lune. Il est facde de se convaincre que l égalité des mou-vements de rotation et de révolution des satellites a dû mettre obstacle àla formation d’anneaux et de satellites secondaires par les atmosphèresde ces corps. Aussi l'observation n’a-t-elle jusqu’à présent rien indiquéde semblable.
Les mouvements des trois premiers satellites de Jupiter présentent unphénomène plus extraordinaire encore que le précédent, et qui consisteen ce que la longitude moyenne du premier, moins trois fois celle dusecond, plus deux fois celle du troisième, est constamment égale à deuxangles droits. Il y a l’infini, contre un, à parier que cette égalité n’est pointdue au hasard. Mais on a vu que, pour la produire, il a suffi qu’à l’ori-gine les moyens mouvements de ces trois corps aient fort approché desatisfaire au rapport qui rend nul le moyen mouvement du premier,moins trois fois celui du second, plus deux fois celui du troisième.