I.XXX
INTRODUCTION.
recouvrent. Le phénomène qui peut répandre le plus de lumièresur la régularité de ses couches est la variation de la pesanteur àsa surface. On détermine cette variation, soit en transportant dansdes lieux divers le même pendule, et en comptant le nombre deses oscillations dans un temps donné; soit en y mesurant direc-tement la longueur du pendule à secondes. Ces expériences sontfaciles et maintenant susceptibles d’une extrême précision. Vuleur importance dans la théorie de la terre, elles doivent être spé-cialement recommandées aux navigateurs. Celles que l’on a déjàfaites, quoiqu’elles laissent beaucoup à désirer, suivent cependantune marche très-régulière et fort approchante de la loi de varia-tion la plus simple, celle du carré du sinus de la latitude : lesdeux hémisphères boréal et austral ne présentent point à cetégard de différence sensible, ou du moins qui ne puisse êtreattribuée aux erreurs des observations. Si l’on prend pour unitéla longueur du pendule à secondes à l’équateur, l’ensemble deces observations donne cinquante-quatre dix-millièmes pour lecoefficient du terme proportionnel au carré du sinus de latitude.Mes formules de probabilité, appliquées à ce résultat, donnentplus de deux mille à parier contre un que le vrai coefficient estcompris dans les limites cinq millièmes et six millièmes. Si laterre est un ellipsoïde de révolution, on a son aplatissement en re-tranchant le coefficient de la loi de la pesanteur, de 875 cent-mil-lièmes ; le coefficient cinq millièmes répond ainsi à l’aplatissement2*5. Il y a donc plus de quatre mille à parier contre un, que l’apla-tissement de la terre est au-dessous de cette fraction. Il y a desmillions de milliards à parier contre un, qu’il est moindre quecelui qui répond à l’homogénéité de la terre, et que les couchesterrestres augmentent de densité à mesure quelles approchent ducentre de cette planète. La régularité de la pesanteur à sa surfaceprouve qu’elles sont disposées symétriquement autour de ce point.Ces deux conditions, suites nécessaires de l’état fluide, indiquent