INTRODUCTION.
LXMX
très-grands par rapport à la moyenne distance du soleil à la terre,le mouvement des comètes qui les décrivent paraîtra sensible-ment hyperbolique. Cependant sur cent comètes dont on a déjàles éléments, aucune n’a paru certainement se mouvoir dans unehyperbole; il faut donc que les chances qui donnent une hyper-bole sensible soient extrêmement rares par rapport aux chancescontraires.
Les comètes sont si petites que, pour devenir visibles, leurdistance périhélie doit être peu considérable. Jusqu’à présentcette distance n’a surpassé que deux fois le diamètre de l’orbeterrestre, et, le plus souvent, elle a été au-dessous du rayon decet orbe. On conçoit que, pour approcher si près du soleil, leurvitesse, au moment de leur entrée dans sa sphère d’activité, doitavoir une grandeur et une direction comprises dans d’étroiteslimites. En déterminant, par l’analyse des probabilités, le rapportdes chances qui, dans ces limites, donnent une hyperbole sen-sible, aux chances qui donnent un orbe que l’on puisse confondreavec une parabole, j’ai trouvé qu’il y a six mille au moins à pa-rier contre l’unité, qu’une nébuleuse qui pénètre dans la sphèred’activité du soleil, de manière à pouvoir être observée, décriraou une ellipse très-allongée, ou une hyperbole qui, par la gran-deur de son axe, se confondra sensiblement avec une parabole,dans la partie que l’on observe. Il n’est donc pas surprenant que,jusqu’ici, l’on n’ait pas reconnu de mouvements hyperboliques.
L’attraction des planètes et, peut-être encore, la résistance desmilieux éthérés, a dû changer plusieurs orbes cométaires dansdes ellipses dont le grand axe est moindre que le rayon de lasphère d’activité du soleil, ce qui augmente les chances des orbeselliptiques. On peut croire que ce changement a eu lieu pour lacomète de 1759, et pour quelques autres dont on a constaté larévolution.
Je vais présentement considérer la terre et les fluides qui la